Fier je suis.
J'ai récemment
participé
à
deux événements
d'envergure. Dans la même semaine. À
quelques jours d’intervalle,
mais aucun lien entre les deux. Le dîner en blanc le
jeudi. La parade de la Fierté gaie le dimanche. Et bien que les deux ont été pour moi des moments de pur bonheur, je me pose
aujourd’hui
des questions…
Je passe brièvement
sur le dîner
en blanc. Rencontre impromptue où gens désirent revivre, le temps
d'un pique-nique mondain, une expérience
dandy. Tout y était blanc. La nappe et les chaises. Les assiettes. Les souliers et les vêtements. L'attitude aussi. Ce rassemblement de 5200 convives a de quoi
impressionner!

Je préfère davantage revenir sur le défilé. Là, tout y était rouge: c'était le thème
cette année. J'y ai rencontré des amis,
des connaissances et même des gens qui croisent mon chemin annuellement. Sincèrement, je me suis beaucoup amusé, y
compris au cours de cette semaine où j'ai pu assister à une conférence sur
l'éducation, un spectacle de drags queens, un t-dance extérieur, une parade et
j'en passe. Tout ça, sans parler des
balades que nous avons faites dans le Village, observant les gens qui visitent assidûment
les lieux pendant ces célébrations annuelles.
Ils esquissent des sourires et partagent des bonjours, se tenant par la
main ou riant entre amis sur les terrasses ou dans les bars ou les cafés. Nul besoin de vous dire que ça m'a rendu
heureux. N'eut été des débats sur les
lois russes qui puniront dorénavant toute manifestation d'Amour entre
homosexuels, ce fut une semaine exemplaire.


Bref, je ne me suis pas questionné sur la nécessité d'un
défilé. Je n'ai pas non plus pensé que
certains pourraient en être offusqués outre mesure. Je ne me suis pas interdit de prendre Ricardo
par la taille ni de l'embrasser discrètement.
J'ai fait "comme si" j'étais hétéro: je ne me suis pas posé de
questions. Par contre, j'ai hautement
salué la présence d'une première ministre pour la première fois à un
défilé. De même pour de nombreux élus et
personnages politiques. J'ai souri (c’est
peu dire!) aux danses brésiliennes exécutées à la perfection et au pick-up
allégorique plutôt kitsch. J'ai également
apprécié la couverture médiatique le lendemain où on présentait, contrairement
à ce que j'avais prédit, de modestes photos prises tout au long du trajet. Je n'ai que passé un succinct commentaire sur
le fait que la parade avait été plutôt sobre, qu'on y avait vu peu de voitures
allégoriques mais beaucoup d'organismes communautaires. Mais bon, nothing to write home about...
Puis, lundi soir, on m'a rappelé pourquoi il y avait une semaine
de la fierté... Alors que je lisais
divers articles sur internet, je me suis attardé sur les commentaires ajoutés
suite aux textes. Des gens qui ne sont
vraiment pas homophobes MAIS... Des
imbécillités profanées çà et là, rappelant au passage que nous n'avions « pas
à nous afficher comme ça », que « si des noirs faisaient pareillement on
crierait au racisme », que nous serions « mieux de nous taire et
d'apprécier les gains que nous avons faits comparativement à d'autres pays »,
« que les enfants de ces personnes-là seraient une classe à part et une
autre parade ». Celle-là, j'avoue
que je l'ai moins comprise, mais le ton ne laissait rien présager de bien...

C'est également pour des cons comme eux qu'on fait des
parades! Parce que partout autour de
moi, des couples hétéros, des enfants, des jeunes et des aînés portaient les
couleurs de l'arc-en-ciel. Parce que des
hétéros, des enfants, des jeunes et des aînés marchaient dans la parade
aussi. Parce que dans le village, toutes
ces gens affichaient un sourire et une joie de vivre. Sincèrement, je ne me suis jamais questionné
sur l'authenticité de leur acceptation.
Notez que j'ai sciemment choisi de ne pas dire tolérance.
Il ne m'est jamais venu à
l'esprit que tant d'homophobes manifesteraient sous le couvert de l'anonymat
(bien sûr)
tant de haine refoulée. Je suppose (à tort peut-être) que quelques-unes
de ces mêmes
gens sont eux-mêmes
parents et qu'ils véhiculent
de telles valeurs, consciemment ou inconsciemment. Ils se proclament tolérants mais ont été les premiers à partager publiquement
leur opinion diffamatoire - parce qu’il faut s’inscrire en passant pour
commenter! Pas vraiment ma définition de la tolérance…
Le défilé permet aux organismes
communautaires d'afficher leur couleurs, aux équipes sportives de démontrer qu'on peut s'épanouir socialement et
physiquement, aux partis politiques de démontrer
qu'ils appuient ce mouvement d'égalité, à la communauté de montrer qu'elle est
fière
de ce qu'elle est et de ce qu’elle
a accompli, au-delà
des jugements et des préjugés.
Reste à critiquer les (habituels) excès d'un tel événement,
plutôt sobre, vous remémorais-je. J'ai
bien entendu croisé quelques chars allégoriques qui promulguaient le Sexe (avec
un grand S et un gros Q). Trois pour
être exact. Comme quoi le monde ne peut
pas être parfait. Il s’agit de Pfizer et
son Viagra (pas exclusivement réservé aux gays à ma connaissance), Trojan et
ses condoms (comme quoi la protection ne doit pas être qu’hétérosexuelle). Et TD.
Oui, la Banque. Des twinks en
shorts moulants, sans camisole, huilés à fond se déhanchant lascivement sur la
plateforme musicale de loin la plus exubérante.
Drôle comme ceux qui ont poussé à l’extrême la présentation de leur
produit ne sont pas spontanément associé à la communauté gaie… Auraient-ils une mauvaise perception? Et nos cons initiaux, s’ils prenaient le
temps d’apprendre à connaître?
C'est quand on ignore qu'on hait...
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
RépondreSupprimerTropfacilelemotdejeu! ;-)
RépondreSupprimerMalgré les acquis, malheureusement la ligne est parfois mince entre acceptation, tolérance et homophobie (même au Québec). En espérant que ce qui se passe en Russie ne se propage pas ailleurs...
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