mercredi 21 août 2013

Fier t'es?

Fier je suis.

J'ai récemment participé à deux événements d'envergure.  Dans la même semaine.  À quelques jours dintervalle, mais aucun lien entre les deux.  Le dîner en blanc le jeudi.  La parade de la Fierté gaie le dimanche.  Et bien que les deux ont été pour  moi des moments de pur bonheur, je me pose aujourdhui des questions



Je passe brièvement sur le dîner en blanc.  Rencontre impromptue où gens désirent revivre, le temps d'un pique-nique mondain, une expérience dandy.  Tout y était blanc.  La nappe et les chaises.  Les assiettes.  Les souliers et les vêtements.  L'attitude aussi.  Ce rassemblement de 5200 convives a de quoi impressionner!

Je préfère davantage revenir sur le défilé.  Là, tout y était rouge: c'était le thème cette année.  J'y ai rencontré des amis, des connaissances et même des gens qui croisent mon chemin annuellement.  Sincèrement, je me suis beaucoup amusé, y compris au cours de cette semaine où j'ai pu assister à une conférence sur l'éducation, un spectacle de drags queens, un t-dance extérieur, une parade et j'en passe.  Tout ça, sans parler des balades que nous avons faites dans le Village, observant les gens qui visitent assidûment les lieux pendant ces célébrations annuelles.  Ils esquissent des sourires et partagent des bonjours, se tenant par la main ou riant entre amis sur les terrasses ou dans les bars ou les cafés.  Nul besoin de vous dire que ça m'a rendu heureux.  N'eut été des débats sur les lois russes qui puniront dorénavant toute manifestation d'Amour entre homosexuels, ce fut une semaine exemplaire.


Bref, je ne me suis pas questionné sur la nécessité d'un défilé.  Je n'ai pas non plus pensé que certains pourraient en être offusqués outre mesure.  Je ne me suis pas interdit de prendre Ricardo par la taille ni de l'embrasser discrètement.  J'ai fait "comme si" j'étais hétéro: je ne me suis pas posé de questions.  Par contre, j'ai hautement salué la présence d'une première ministre pour la première fois à un défilé.  De même pour de nombreux élus et personnages politiques.  J'ai souri (c’est peu dire!) aux danses brésiliennes exécutées à la perfection et au pick-up allégorique plutôt kitsch.  J'ai également apprécié la couverture médiatique le lendemain où on présentait, contrairement à ce que j'avais prédit, de modestes photos prises tout au long du trajet.  Je n'ai que passé un succinct commentaire sur le fait que la parade avait été plutôt sobre, qu'on y avait vu peu de voitures allégoriques mais beaucoup d'organismes communautaires.  Mais bon, nothing to write home about...

Puis, lundi soir, on m'a rappelé pourquoi il y avait une semaine de la fierté...  Alors que je lisais divers articles sur internet, je me suis attardé sur les commentaires ajoutés suite aux textes.  Des gens qui ne sont vraiment pas homophobes MAIS...  Des imbécillités profanées çà et là, rappelant au passage que nous n'avions  « pas à nous afficher comme ça », que « si des noirs faisaient pareillement on crierait au racisme », que nous serions « mieux de nous taire et d'apprécier les gains que nous avons faits comparativement à d'autres pays », « que les enfants de ces personnes-là seraient une classe à part et une autre parade ».  Celle-là, j'avoue que je l'ai moins comprise, mais le ton ne laissait rien présager de bien...


C'est également pour des cons comme eux qu'on fait des parades!  Parce que partout autour de moi, des couples hétéros, des enfants, des jeunes et des aînés portaient les couleurs de l'arc-en-ciel.  Parce que des hétéros, des enfants, des jeunes et des aînés marchaient dans la parade aussi.  Parce que dans le village, toutes ces gens affichaient un sourire et une joie de vivre.  Sincèrement, je ne me suis jamais questionné sur l'authenticité de leur acceptation.  Notez que j'ai sciemment choisi de ne pas dire tolérance.

Il ne m'est jamais venu à l'esprit que tant d'homophobes manifesteraient sous le couvert de l'anonymat (bien sûr) tant de haine refoulée.  Je suppose (à tort peut-être) que quelques-unes de ces mêmes gens sont eux-mêmes parents et qu'ils véhiculent de telles valeurs, consciemment ou inconsciemment.  Ils se proclament tolérants mais ont été les premiers à partager publiquement leur opinion diffamatoire  - parce quil faut sinscrire en passant pour commenter!  Pas vraiment ma définition de la tolérance

Le défilé permet aux organismes communautaires d'afficher leur couleurs, aux équipes sportives de démontrer qu'on peut s'épanouir socialement et physiquement, aux partis politiques de démontrer qu'ils appuient ce mouvement d'égalité, à la communauté de montrer qu'elle est fière de ce qu'elle est et de ce quelle a accompli, au-delà des jugements et des préjugés.

Reste à critiquer les (habituels) excès d'un tel événement, plutôt sobre, vous remémorais-je.  J'ai bien entendu croisé quelques chars allégoriques qui promulguaient le Sexe (avec un grand S et un gros Q).  Trois pour être exact.  Comme quoi le monde ne peut pas être parfait.  Il s’agit de Pfizer et son Viagra (pas exclusivement réservé aux gays à ma connaissance), Trojan et ses condoms (comme quoi la protection ne doit pas être qu’hétérosexuelle).  Et TD.  Oui, la Banque.  Des twinks en shorts moulants, sans camisole, huilés à fond se déhanchant lascivement sur la plateforme musicale de loin la plus exubérante.  Drôle comme ceux qui ont poussé à l’extrême la présentation de leur produit ne sont pas spontanément associé à la communauté gaie…  Auraient-ils une mauvaise perception?  Et nos cons initiaux, s’ils prenaient le temps d’apprendre à connaître?

C'est quand on ignore qu'on hait...

3 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  2. Malgré les acquis, malheureusement la ligne est parfois mince entre acceptation, tolérance et homophobie (même au Québec). En espérant que ce qui se passe en Russie ne se propage pas ailleurs...

    RépondreSupprimer

Comment faire pour laisser un commentaire? Voici la démarche:

Tout d'abord, rédigez votre commentaire. Par la suite, sous votre texte, vous voyez "Commentaire:" et un espace blanc suivi d'une flèche à la droite. Cliquez sur cette flèche pour choisir soit "Compte Google" (si vous avez une adresse Gmail - vous devrez vous connecter à votre compte), soit "Nom/URL" (si vous voulez inscrire votre nom - l'espace URL n'est pas obligé d'être complété), soit "Anonyme". Cliquez ensuitre sur "Publier".

Une nouvelle fenêtre s'ouvrira pour que vous puissiez confirmer votre "identité". Saisissez les deux mots dans l'espace prévu à cet effet, cliquez sur "Publier" et le tour est joué!

Les commentaires sont grandement appréciés et tous lus par le webmestre. Si vous avec de la chance, vous aurez même une réponse!