dimanche 21 décembre 2014

Donner sans compter

Assis paisiblement un dimanche après-midi dans un Starbucks loin de mon quartier, je profite de ce début de vacances pour réfléchir aux dernières semaines.  Le temps des fêtes est un moment propice aux célébrations et aux introspections.  Je constate avec une certaine joie qu’il y a davantage de positif dans mon quotidien que de moments désagréables.  De toute façon, suffisamment de gens s’occupent de souligner les incommensurables bêtises Yves-Bolducquiennes de ce monde.  J’aurai l’occasion bientôt d’ajouter mon propre grain de sel, promis!

Centrons-nous donc sur l’agréable!  Chaque année avec nos groupes, Chantal et moi avons l’occasion de partager des moments de plaisir avec des montréalais.  Vous n’êtes pas sans savoir que nous visitons ce que nous appelons le Montréal souterrain depuis maintenant près de 5 ans.  Il s’agit d’une visite de lieux urbains (mé)connus de notre ville intérieure.  Les enfants et quelques généreux parents accompagnateurs ont l’occasion de découvrir le Centre Bell, la gare Windsor, la Place Bonaventure, le 1000 de la Gauchetière et sa patinoire intérieure, la gare centrale, l’Hotel Reine-Elisabeth (Give Peace a Chance!), la Place Ville-Marie, Ogilvy, la rue Ste-Catherine, le métro et une panoplie d’autres endroits tous aussi diversifiés les uns que les autres.  À travers un rallye en anglais, ils découvrent ces lieux.  Cette année, nous avons même ajouté une balade en train sur la ligne AMT de Mascouche qui venait d’être mise en service à peine quelques jours auparavant.  Un chaaarrmmme!

Qui dit temps des fêtes dit partage.  Nous proposons donc aux enfants d’offrir de la joie et du bonheur en organisant quelques flashmobs ça et là au courant de notre sortie.  Nous chantons donc cinq chants de Noël pour faire sourire les gens.  Cette année, nous avons même eu droit à une spectatrice qui a fréquenté notre école auparavant!  Je partage donc à mon tour ce moment avec vous, filmé par un pur inconnu et mis en ligne par la suite sur Youtube!

Flashmob devant Ogilvy, décembre 2014 

Hier matin, je lisais un article dans La Presse.  Ô combien plus joyeux cette fois!  Une amie que j’apprécie bien et qui fréquente Musifit comme moi (mon école de zumba) prouve une fois de plus tout le plaisir que nous éprouvons avec nos jeunes.  Je n’ai pas eu l’occasion de lui parler encore, mais vous constaterez en lisant l’article qu’elle a organisé une distribution de cadeaux pour des élèves de son école, défavorisée au même titre que nous.  L’investissement personnel que ceci implique va au-delà de ce que vous pouvez imaginer puisque chaque élève a reçu le cadeau qu’il voulait!  Je n’ai pu m’empêcher de sourire et d’être fier!  Tant qu’il y aura des personnes comme elle, comme plusieurs autres enseignants, comme ces parents impliqués, the World will be a better place!  Merci Fanny!  Allez!  Cliquez!  Allez sourire!

Un cadeau pour chaque élève, par Louise Leduc


Joyeuses Fêtes en attendant!

dimanche 14 décembre 2014

Les douze jours (de congé de maladie) de Noël

Hier matin, bien étendu dans le lit, je lisais cet article dans La Presse+. Pas besoin de vous dire que je n'ai plus dormi.





Ne vous inquiétez pas: je suis zen. 6 mois (et 12 jours de congés de maladie) de vacances, ça replace un esprit! Je sais, je n'ai pas écrit depuis longtemps. Ce n'est pas par manque d'intérêt ou de temps. Simplement la vie qui se laisse découvrir. Si j'ai choisi de reprendre la plume, c'est que je tiens plus que jamais à avoir du plaisir au travail. J'en ai comme jamais, ayant une collègue en or et des élèves qui me font redécouvrir les joies de l'enseignement. J'ai choisi de m'investir pour eux. Je ne compte jamais mon temps si je choisis de le faire par moi-même. J'essaie de découvrir le positif dans chaque tâche et, croyez-le ou non, ça marche!

Mais je n'accepterai pas qu'on véhicule des faussetés. Je sais, c'est sûrement un investissement vain. Mais ça m'a permis de revenir blogger! Comme quoi chaque médaille a son revers!


Voici donc le texte que j'ai courriellé à Denis Lessard à La Presse.


***

Bonjour Monsieur Lessard,


Je me présente. Daniel S. Cyr. J'enseigne au primaire depuis maintenant 20 ans. On ne se connaît pas, bien entendu et, de mon côté, je ne pourrais affirmer avoir déjà lu vos articles. Rien de grave, n'en soyez pas offusqué. Mais aujourd'hui, je retiens votre nom, étant l'un des premiers à écrire sur les futures négociations des conventions collectives dans le milieu de l'éducation...


D'office, vous n'êtes (sûrement) pas sans savoir que nous devons lutter contre l'opinion publique qui rappelle sans cesse que nous avons deux mois de vacances l'été. On oublie toujours de mentionner qu'elles ne sont pas payées, ces convalescences nécessaires. On remet sans cesse en question nos innombrables journées pédagogiques qui servent sans doute à prendre un café entre collègues. Et, pour se faire pardonner par la suite, on nous donne une 'tite tape dans le dos en disant qu'on ne serait jamais capable de faire ce que l'on fait, que c'est une vocation et que nous sommes ni plus ni moins que des héros. Mais n'allons pas prendre en otage les enfants (ou est-ce les parents) en débrayant ou en fermant la garderie (j'ai dit ça moi?).


Monsieur Lessard, j'en viens tout de suite au but de cette missive. Si vous êtes attitré à la couverture de cette dite négociation dans les mois à venir, je vous défie de publier les vraies informations. À défaut de ceci, rédigez au moins plus honnêtement. Nulle part dans mes vingt années d'enseignement ai-je eu droit à douze journées de congé de maladie. De grâce, ne laissez pas sous-entendre en captant notre attention dans une fenêtre résumée que l'état sauvera 160 millions. Nous n'avons rien volé (nous)! Oups! Lapsus socio-littéraire! Soyez clair et cessez de nous tirer dans le pied. C'est déjà suffisamment difficile pour nous de faire reconnaître notre tâche sans qu'on mente sur nos conditions de travail lorsqu'on prétend qu'on se plaint le ventre plein.


Sachez, Monsieur Lessard, que mon salaire diminue depuis maintenant trois ans. En effet, n'ayant reçu que de maigres augmentations au cours des dix dernières années, bien au deçà de l'augmentation du coût de la vie qui n'est pas annexé, mon pouvoir d'achat diminue et diminuera jusqu'à ma retraite.


Si au moins, je pouvais en profiter pendant mes deux mois de congé, moment où tous les prix sont à leur plus élevé...


Finalement, je sais que vous n'avez pas la prétention de tout connaître de ce milieu. Il s'agit du mien. Je ne vous en tient pas rigueur. Je crois (et j'espère surtout) sincèrement que vous avez voulu rédiger un article informatif dépourvu d'opinions personnelles - comme un vrai journaliste. Vous l'avez fait. Ce que je vous reproche, c'est de ne pas présenter les faits véritables. Et ainsi, pour une nième fois, permettre de laisser croire à tous nos détracteurs que nous sommes lâches et que nous sapons les coffres de l'état.


Dans l'attente d'une réponse, recevez, Monsieur Lessard, mes sincères salutations.


***

À suivre...