Je suis assis confortablement dans le siège 14A du vol 1478 d'American Airlines. J'ai déjà pris le temps de me détendre. La journée a été particulièrement productive. C'est certain qu'une fin d'étape conjuguée avec un début de voyage si près l'un de l'autre, ça a comme conséquence de devoir agir. Rapidement!
Je ne suis pourtant pas encore en mode vacance. Dans ma tête à tout le moins. J'ai une tonne de courriels à écrire à diverses personnes pour les remercier d'avoir été là ces derniers jours. J'ai le cerveau qui fait une dernière et une autre dernière fois la liste des trucs qu'il y avait à faire sans oublier l'âme qui veut voyager là, là, là et là. Rien à voir avec le Saguenay par contre. J'ai encore en tête les 20 étoiles laissées sur mon tableau qui contenaient des souhaits de bonheur et de repos de la part des enfants. Aussi cette carte que je n'attendais pas, signée par mes collègues qui, bien qu'ils me jalousent, me souhaite d'en profiter. Pour moi. Pour eux. J'ai aussi en tête cette dernière soirée à l'école, après un souper en bonne compagnie où la pensée "On apprend plus sur quelqu'un en l'entendant parler qu'en entendant les autres en parler" porte tout son sens. Et enfin, ce déjeuner reposant le lendemain matin qui nous a permis d'entreprendre sereinement cette aventure.
J'ai comme défi de prendre le temps de prendre le temps. D'apprendre à connaître les gens aussi. Cesser cette vie à 300 à l'heure où la trop grande quantité de saveurs ne se laisse pas apprécier. Toujours la quantité... Rarement la qualité. Il faut que ça change.
Assis dans le siège 14A du vol 1478 d'American Airlines, un siège entre moi et mon amoureux, je ne peux m'empêcher de me rendre compte à quel point je suis chanceux dans le moment présent. L'atmosphère est paisible autour de moi, la plage nous attendra et j'ai tout le temps que je désire pour écrire et méditer. La tête reposée dans mon oreiller gonflable gonflé, je souris parce que mi pitufo hermoso a pensé à moi. Un geste simple qui m'a fait chaud au coeur. Parce qu'il sait alimenter le feu.
Bonne fête, bonne fête... Bonne fête danielpointcomme! Il y a un an, jour pour jour, je publiais mon premier article sur ce site. J'ai relu quelques textes de différentes périodes pour les comparer et pour comprendre mes états d'âmes à tel ou tel moment. Intéressant, ce retour en arrière. J'ai plutôt maintenu le même style d'écriture et j'ai également su garder une attitude plutôt positive. Je note tout ceci, car à mon retour, j'aimerais bien pouvoir m'inscrire au programme de création littéraire de l'Université de Montréal. Il s'agit d'un programme de 12 crédits seulement qui permet d'enrichir ses connaissances de façon plus pratique. La beauté de la chose est que je pourrais poursuivre même une fois le travail recommencé!
Hier soir, après la rencontre de parents qui a clôt le dernier jour de travail pour les sept prochains mois, je me suis rappelé les beaux moments de la journée. Ce fut fort agréable, ce petit 2 à 3 au salon du personnel. Je dois avouer que j'ai été surpris par les cadeaux et la carte de mes collègues. Et je garde en tête les paroles de Pierre, lorsque tous avaient quitté: "Garde chaque moment en tête et profites-en. Ces moments te reviendront même quand tu seras de retour au travail."
Ce matin, Chantal, France et moi avons déjeuné tranquillement en célébrant le début de ce long congé. C'est encore un peu surréaliste pour moi. Pendant qu'elles patinaient cet après-midi, je rangeais tout à la maison, faisait le ménage et préparait mes valises. Demain, on part!
Je me donne un devoir au cours des prochains mois: apprivoiser Tumblr et Twitter. J'ai déjà commencé cette semaine, mais je veux y partager de brèves pensées dans les semaines qui viennent. Ça ne doit pas être si sorcier que ça, j'imagine! En passant, les icônes sur la page d'accueil vous permettent d'y avoir accès rapidement.
Je vous laisse sur un chanson qui m'inspire particulièrement ces derniers temps. Les paroles ET la musique transmettent exactement mes sentiments actuels...
Il faut bien venir d'ailleurs pour connaître de fond en comble ce qui se passe chez nous...
Hier soir, j'en étais à ma première visite de l'Igloofest. Bien qu'il s'agisse déjà de la 8e édition, c'est Ricardo qui m'y a initié. J'en avais bien sûr entendu parlé mais ça ne s'adressait pas à moi. Façon de parler, puisque le Piknik Électronik non plus. Et c'est Ricardo qui m'y a initié aussi! La preuve que quand on est en voyage, on s'ouvre plus à la diversité et aux possibilités culturelles (note à moi-même pour le mois à venir). Je ne suis pas très fier de moi!
Repoussant à samedi cette soirée hivernale à cause de la température polaire qui sévit depuis quelques semaines, nous nous sommes rendus en métro. Comme bon nombre de party goers aussi. Sur le site, le look kétaine est facultatif, mais fortement encouragé. Cette année, un gagnant se méritera un prix pour le onepiece le plus original! Il faut être sur place pour en comprendre toute l'étendue! Pour ma part, j'ai finalement pu enfiler ma tuque en dreads achetée il y a déjà plusieurs années. Tout à fait de circonstance! Et je me suis fait complimenter à plusieurs reprises également!
Sur place, l'ambiance réchauffe rapidement les idées frigorifiantes! Tout d'abord, les gens sont particulièrement souriants et heureux. L'originalité du projet en séduit plus d'un. Les écrans multimédias sont hallucinants! Une ambiance survoltée avec des dj mixant de l'électronique et du techno sur deux scènes différentes! Qui plus est, on a installé des glissades glacées et des jeux entre des sculptures de glaces thématiques. À l'intérieur, on vend des tuques - au lieu des gaminets, c'est logique. Les gens les arborent fièrement parce qu'elles sont essentiellement cool. On porte celles des années antérieures pour montrer qu'on est bel et bien un vétéran. On peut aussi prendre des photos souvenirs à quelques endroits. Sur un écran géant défilent les tweets postés quelques minutes auparavant. Vraiment, quelque chose d'original, vivifiant et réconfortant!
Je souhaite sincèrement pouvoir y retourner. Je vous le souhaite à vous aussi. Et n'utilisez pas le critère de l'âge pour vous défiler: la foule bigarrée s'étend de 18 à 60 ans. On y passe une soirée tellement amusante en plein milieu de la grisaille hivernale!
Vous connaissez la drill. Mettez la musique en arrière plan pendant que vous lisez. Mais la vidéo a un charme aussi. La simplicité, les décors qu'on a visité, le départ à la fin...
***
Aujourd'hui, vendredi, était
la dernière journée avec mes élèves. Il me reste à bosser lundi pour terminer la paperasse bureaucratique, mais nous
serons en pédagogique et, comme le maintient si bien la majorité de la population, on fait pas grand-chose lors des journées pédagogiques. Alors...
"As-tu pleuré quand ils sont
partis?" No way! Ça fait plus de 17 ans que j'enseigne...
J'ai changé
de groupe à
maintes reprises.
Je ne m'attache plus autant qu'avant.
À
quoi ça servirait? Et c'est fort
simple à
comprendre.
Les premières secondes d'une année scolaire déterminent qui sera le boss. Le
boss des enfants. Celui ou celle qu'on
pourra envoyer paître mais qui sera aussi le ou la seule à pouvoir
réprimander without any questions.
C'est aussi facile que ça. Quand l'enseignant(e) nomme
le nom des enfants de son groupe, la décision est prise dans
leur tête: voici la référence pour l'année. Compétant(e)
ou non.
S'il en est ainsi pour ces jeunes, qu'en est-il
pour leur titulaire? Un peu plus
complexe... Il sera obligé d'être impartial et d'aimer l'inaimable.
Il devra se forcer pour ne pas capoter quand ça
fait 25 fois qu'on pose la même question, prendre le temps de régler
une querelle concernant le véritable responsable du ballon lors des récréations, pratiquer la prise de rang et la marche en silence dans le
corridor. Il devra faire comprendre au
groupe que c'est inacceptable qu'un tel ait posé un
tel geste mais qu'il est pardonnable pour un autre. Bref, il devra être
polyvalent. Subjectivement objectif et
objectivement subjectif.
Alors il est tout à fait
normal, considérant ceci, que je n'aie pas pleuré quand ils ont quitté à 15h cet après-midi. Pas même un pincement. Mais la vérité
est toute autre.
Voyez vous, au cours de mes 17 années d'enseignement, j'ai
appris à
apprécier ces départs. Non pas parce qu'ils sont
une finalité
mais bien parce qu'ils sont un moment privilégié.
Pendant que je rangeais la classe que mes flots
m'ont décoré
hier lors de mon absence, je constatais à quel point ils y avaient mis de l'énergie,
du temps et surtout, de l'Amour. Ils ont
installé
des banderoles, un cinquantaine de choux, préparé
des ti-gâteaux, achetés croustilles et boissons gazeuses.
Et écrit des mots. Sur des étoiles. Des mots qui remercient,
qui apprécient, qui s'ennuient, qui sont tristes mais heureux à la fois. Ils m'ont remis en une
journée l'énergie que j'ai passé
cinq mois à
partager. Parce que
c'est pour eux la façon la plus pure de dire merci.
Je passais le balai et je me suis rendu compte à quel point je suis chanceux de les avoir eu dans ma vie. L'espace de cinq mois, ils m'ont fait sourire
le matin, ils ont partagé
leur quotidien, m'ont posé 35
fois la même question, m'ont fait régler des chicanes inutiles et m'ont forcé à pratiquer
la prise de rang silencieuse. Et ils ont
aussi compris pourquoi un tel avait des privilèges
qu'un autre n'avait pas: "La justice, c'est l'injustice équitablement partagée". Je leur ai donné beaucoup de moi et eux, d'eux.
Un échange mutuel. Quoi de plus
merveilleux qu'un cadeau qu'on donne sans arrière
intention?
Non. Sérieusement, je n'ai pas pleuré quand ils sont
partis. Pas même un
pincement. Parce qu'ils ont été
mon cadeau que j'ai apprécié. Que j'ai été le leur. Et je retournerai sur
ce balcon en septembre prochain pour en nommer 20 autres. Je ne sais pas ce qu'on s'apportera. Je sais qu'on sera obligé d'être ensemble. Et je sais aussi
qu'on apprendra. Pas juste des maths et
du français. On se gardera du temps pour
apprendre le module sur la vie...
Il y a des jours où je
ne comprends pas ce que je ferais assis dans un bureau à remplir
des dossiers quand j'ai les meilleurs clients du monde! Des enfants curieux qui grandissent devant
mes yeux. Allez: show us your True Colors! You're beautiful like a rainbow!
Mais bon.
Puisqu'il faut partir en voyage, un gars ne dira pas non là là!
***
Avant de quitter ce soir, j'ai dû terminer les bulletins et corriger un dernier examen d'éthique et culture religieuse.
Suite à
deux débats, un sur la charte québécoise et l'autre sur l'homosexualité, les
élèves devaient proser et expliquer leur position actuelle. Bien que l'opinion des parents sent à plein nez lors des différents échanges, on ne peut qu'être consterné
par les hamsters qui tournent pendant qu'ils
s'expriment. Qui de mieux pour
convaincre un pré-ado qu'un autre pré-ado? Ils détruisent
la soit disant logique d'un, se mettent à leur tour un pied dans
la bouche pour finalement nuancer le tout sans se juger. Mais devant les autres, c'est facile de
plier. Quand vient le temps de rédiger un propos personnel, on a parfois droit à un
changement radical. Alors voici quelques
petits bijoux qui ont agrémenté
ma lecture... Et
oui, un INTEROsexuel, ça existe pour un jeune 12 ans!
Je pense que c'est un HÉTÉROsexuel qui se pose des questions...
Vous, posez-en pas, oki!?
Ceci fait office de premier texte pour l'année 2014.
En réalité, pour la première fois, mon ordi a gobé un texte. Il s'agit donc conséquemment du second. Mais
bon. Premier, deuxième: who's counting!?
Six jours.
C'est ce qu'il reste avant mes vacances.
Huit jours. C'est ce qu'il reste
avant mon départ. Ce qui devait être un tour du monde en cinq mois dans cinq villes s'est transformé. La
vie en a fait ainsi... Ce n'est rien de
grave. Je n'ai plus l'argent que je
devais avoir, mais j'ai d'autres projets.
Et ces projets, ils seront vécus plus sereinement. Je méditerai.
Prendrai du temps pour moi. Je ne
suis pas certain que j'en aurais fait autant avec le jeu que j'avais
auparavant. Let's just say it wasn't a
full house...
Je pars donc pour presque six semaines faire un
air trip aux States. Des bouts en
amoureux. Des bouts en famille. Des bouts seuls. Surtout, des paradis qui n'étaient pas prévus! L'argent a de quoi dicter
certains choix. Mais encore une fois,
c'est pour le mieux.
Je n'ai pas l'intention de vous divulger
aujourd'hui mes huit destinations, quoiqu'elles soient choisies et que les réservations soient effectuées. Je veux laisser un peu de
suspense! Chose certaine, j'aurai la
chance d'explorer de nouveaux endroits qui me tiennent à coeur. De nouvelles cultures
tout à fait fascinantes.
Dans une semaine, je serai à la veille d'un départ que j'attends
depuis plus d'un an. Chantal et moi
avons averti les élèves ce matin. Ils étaient plutôt heureux pour nous. Ils ont
bien entendu manifesté une certaine tristesse,
mais ils ont compris que la vie est faite pour être vécue. Au nombre de pensées que nous avons analysées depuis le début de l'année, je pense que ça commence à incuber! Je les aime, ces 40 gamins! Ils m'ont permis de quitter la tête remplie de souvenirs sereins et
l'impression que je suis à ma place. Difficile comparaison avec le groupe d'il y a
deux ans...
Je suis heureux aussi parce qu'une énergie positive rayonne autour de
moi. Je reçois beaucoup d'amour et d'affection tant de gens proches que de
connaissances et de collègues. Je sens qu'on apprécie qui je suis, que je suis plus accessible.
Les cours de méditation recommencent à porter fruit. Je suis plus calme. J'ai une meilleure perspective. Je suis plus zen et objectif. Je fais tellement d'efforts pour apprécier le quotidien et ne pas me laisser
influencer par le négatif.
À mon retour, je me ferai
tatouer un symbole personnel. Rien
d'imposant. Rien de compliqué. Juste
pour me souvenir. Il n'y a pas à dire: je n'aurai probablement pas la chance
de revivre de telles vacances dans un avenir proche. J'ai l'intention d'en profiter, de pousser au
max l'aventure. Best way to learn? Love people.
Learn to appreciate them. And let
them change you!