mercredi 4 mars 2015

Baliverne versus Groenland

Suite à l'article paru dans La Presse en février dernier - PKP crée un malaise au cours d'un concert

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L’imbécilité ne se limite pas qu’aux gens au pouvoir, bien entendu (voir l’article d’hier).  Les prétendants au titre cherchent leurs propres moments de gloire eux aussi.  C’est ainsi qu’au début février dernier, un inculte a invectivé non pas une, non pas deux, non pas trois mais bien quatre fois la chanteuse du groupe Groenland!  Tapis confortablement dans une salle de spectacle de Rouyn en Abitibi, Pierre-Karl Péladeau (l’inculte en question, candidat à la chefferie du Parti Québécois, dois-je vous le rappeler) s’est esclaffé « En français, s.v.p.! » croyant peut-être qu’on obtempérerait de la sorte.  À en faire frémir même Sugar Sammy…


Now… Don’t get me wrong…  D’une part, je ne prône ni le séparatisme, ni le fédéralisme (ni l’ignorantisme for all it matters), et je tiens à ma langue maternelle.  Ses subtilités nous font parfois rager mais reste que dans ses méandres poétiques se dégage une chaleur enivrante et une riche culture, bien au-delà et grâce à ses accents.  D’autre part, je parle fièrement l’anglais.  Non pas parce que c’est la langue de la business, ou que nous sommes encerclés géographiquement par des anglophones ou encore qu’il faille l’utiliser lorsqu’on voyage.  Plus que tout ça.  Elle me donne d’autres possibilités.  Un point, c’est tout.  Je suppose que Groenland cajole aussi  ses propres raisons pour aimer cette langue.  Qui sommes-nous pour juger?  Sabrina, Jean-Vivier, Ariane, Jonathan, Gabrielle et Simon – Groenland - méritent toute mon admiration, ayant su s’élever au-dessus de tout ce tapage médiatique en restant polis et professionnels, en s’adressant au public en français entre les chansons, en n’alimentant pas inutilement un futile débat sans réel but et en continuant de nous divertir, la tête haute, québécois qu’ils sont, dans la langue de Shakespeare. 

Par contre, l’intervention péladesque (néologisme fusionnant Péladeau et grotesque) montre le manque de savoir-vivre et de culture flagrants de ce prétentieux prétendant à la chefferie.  Faudra-il demander à Elisapie Isaac, une québécoise d’origine inuite, de chanter uniquement en français à partir d’aujourd’hui?  Faudra t-il dorénavant imposer la seule interprétation de chansons françaises (je ne risque plus « québécoises » à présent) aux concurrents de « La Voix » produite par Québécor?  Forcera t-il son amie Céliiiinnnne à ne chanter qu’en français au Centre Bell et à retirer « Ne me quitte pas » de son répertoire Las Végien, question de sauvegarder la langue de nos voisins?  Tant qu’à y être, limitera t-il l’exportation du succès des Arcades Fire, Marc-André Grondin, Marie-Mai, Karine Vanasse de ce monde?

Si connaître l’ensemble de la discographie du groupe Groenland ne constituait pas un pré-requis pour assister à l’événement, en connaître l’esprit, lui, l’était : un rassemblement de trois groupes anglophones lors du Festival des musiques émergeantes.  En profiter pour mousser sa campagne ne passe pas.  Chahuter, encore moins!  C’est irrespectueux et stérile.  Mes propres élèves pré adolescents ne s’abaissent pas à ce niveau, étant déjà en mesure, à leur âge, de comprendre les rudiments de la politesse.  Si Pierre-Karl n’obéissait bêtement qu’à son porte-parole Monsieur De Blois, on ne veut pas d’un suiveux comme lui à la tête d’un gouvernement.  S’il a agit de son propre chef, encore moins. 

Mais bon.  Je préfère maintenant vous présenter ce fameux groupe que j’ai découvert bien avant ces événements.  Sur scène, ils dégagent une chimie palpable.  Leur musique enivre les sens.  Le genre diffère de ce à quoi on est habitué.  « Daydreaming » a déjà agrémenté la trame sonore du film mexicain Cutro Lunas et de l’émission télévisuelle américaine The Good Wife pendant que « The Chase »  a valorisé une publicité de British Airways.  Récemment, Apple a promu son nouvel iPad en grande pompe lors de la cérémonie des Grammys, jumelant habilement « Our Hearts Like Gold » à la voix de nul autre que Martin Scorsese.  Put that in your pipe, Mr Péladeau!  Ou en français : Peut-être dans ta tête, Mystère Péladeau!




 Daydreaming, Groenland

Visitez leur site internet: www.groenlandband.com

Et ne vous arrêtez pas là!  Écoutez aussi :
-        Our Last Shot 
-        26 Septembre (oui, un titre français)
-        Immune
-        The Things I’ve done
-        Our Hearts Like Gold (la toune Apple)
-        The Chase (à la Mario Bros!)

mardi 3 mars 2015

Ras le Bol... duc!

Je sais.  La blague sent le réchauffé.  Mais il a gaffé plus d’une fois lui aussi!



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On dira ce qu’on veut, la démission d’Yves Bolduc représente un bon départ - comme dans « Bye! » ET « un, deux, trois, go hom(m)e! » - dans le paysage politique québécois.  Non pas qu’on doive aimer tous nos politiciens ou même être entièrement d’accord avec eux.  Souvenons-nous que nous les avons élus et que, par le fait même, ils nous représentent.  Mais malgré les anicroches, demeurent certaines bourdes impardonnables.  Affirmer que les élèves ne mourront pas d’une coupure budgétaire dans l’achats de livres pour nos bibliothèques scolaires, permettre les fouilles à nu en suivant une certaine éthique discutable et accepter une prime de départ de plus de 150 000$ alors qu’on aura un emploi dès le lendemain ne totalisent là que quelques-unes des nombreuses bévues de notre ex sinistre.

Mais faisons-nous l’avocat du diable pour démontrer notre objectivité…  De prime abord (aucun jeu de mot intentionnel ici), celle qui lui sera versée n’est en quelque sorte ni illégale ni si offusquante.  Pensez-y bien.  Quitteriez-vous un emploi valorisé, renonçant par le fait même à un certain statut social prestigieux, pour faire le sot en politique?  Ce n’est pas n’importe quel deux de pique qui peut y prétendre (quoiqu’ici, l’exception tend à prouver la règle).  Il faut un certain guts, un niveau d’éducation respectable et un côté masochiste indéniable.  Tout ça, plus souvent qu’autrement, pour un salaire souvent moindre.  Donc on plonge, on buche, on se dévoue à la cause.  Être politichien n’est pas un job « nine to five » (what a way to make a living!).  Le Blackberry s’émoustille plus souvent qu’un vibrateur (jouissances en moins), les réunions s’organisent à tout moment et les crises (et leurs gestions) demandent un temps phénoménal.  Les 80 000$ gagnés en moyenne par année figurent bien au-dessus des bidous quémandés par la moyenne canadienne, soit, mais sachez-les amplement mérités, aucune ironie jusqu’ici…

Où cette dernière apparaît, c’est lorsqu’on octroie un montant de départ en fonction d’un calcul mathématique quelconque qui donne droit à un certain pourcentage de doléances.  D’accord pour l’ancien directeur d’une entreprise qui a tout laissé de côté pour servir avec dévotion pendant quatre, huit ou même douze années son pays ou sa province (selon votre allégeance, impartialité exige) et pour qui la situation professionnelle a complètement changé – voire devenue difficilement rattrapable.  À titre d’exemple, je connais un député qui a choisi de représenter son compté huit années durant.  Propriétaire de quelques commerces à l’échelle locale, il a dû les vendre pour s’investir dans ses nouvelles fonctions.  Aujourd’hui, élections perdues, il peine à se relancer et cette prime lui permet de se remettre sur pied pendant qu’il s’ajuste à sa nouvelle réalité.  Un juste retour d’ascenseur selon moi, quoique vous pouvez objecter.  Et il ne s’agit ici ni de 155 000$, ni d’un médecin.

C’est à ce moment que notre gentil gouvernement s’évertue à promouvoir au stupide peuple (100% ironique, suis-je ici, dans les deux évocations) qu’il faille abolir cette prime, austérité oblige.  Ah oui?!  Guess what, Couillard et non moins trouillard Legault!  Ce n’est pas en abolissant une prime de départ ET en augmentant plutôt de 41% votre salaire que nous allons revenir à l’équilibre budgétaire!  125 députés gagnant 41% de plus par année surpasse largement une prime de départ, chers comptables.  Si vous méritez pleinement cette louable hausse de salaire que vous allez vous accorder, comment pouvez-vous justifier la baisse de salaire de 6% sur quatre ans imposée aux enseignants (je fais fi ici du secteur public, lui aussi écorché, livrant ses propres luttes face à ce sadisme soit disant nécessaire)?  Parce que messieurs (et mesdames - ne refoulant aucune misogynie face à la stupidité politique), si vous faites le calcul et que vous augmentez l’équivalent de trois semaines et demie par année notre temps de travail tel que proposé dans le dépôt patronal, que vous augmentez notre salaire de 1% seules les deux dernières années de la dite convention ne suivant ainsi même pas l’augmentation du coût de la vie, nous aurons effectivement une baisse salariale.  Et je passe les 175 annotations en lien avec l’augmentation des ratios, les pénalités encourues lors de la retraite (pendant que vous ne payez que 20% de votre fond de pension, pingres hypocrites) et les coupures dans les services aux élèves.  Maudit!  Savez-vous vivre?  Êtes-vous conscients de l’image que vous propagez?  Vrai qu’être l’élite de la société vous est monté à la tête.  Une bulle au cerveau, devrais-je correctement dire en jargon médical à vous, éminents médecins de mon culturalisme, encore faudrait-il que vous en ayez (un cerveau, je précise, pas une bulle, que vous possédez inéluctablement pour être réputés y vivre).

À rebrousse-poil, je coopérerai à ce déficit économique.  Pas au déficit social.  À la hauteur de mes moyens.  Je me serrerai les coudes au nom des erreurs passées et pour le bien des générations futures.  Mais n’exagérez pas, chers Bol, duc à brevet, Couillard de la veste et L’égo surdimensionné.  Ce sont des gens comme vous qui nous font haïr nos gouvernements et leurs représentants...  Vous tenez un discours avilissant envers vos électeurs…

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Les postulats présentés dans cette publication proviennent de divers articles parus dans le quotidien La Presse au cours des dernières semaines (my God!  That’s a lot of pees).  Si, par exemple et par erreur, l’augmentation souhaitée ne totalisait que 20%, veuillez m’excuser à l’avance pour cette fourberie involontaire.  Je déteste commettre des erreurs journalistiques lorsque je rédige des articles que je souhaite hautement objectifs et je ne voudrais en aucun cas vous berner face aux informations rapportées.  D’autres s’en charge allègrement dans l’exercice de leurs fonctions.