vendredi 31 mai 2013

Un mois

New York State of Mind - Billy Joël

Un mois.  Un mois sans écrire,oui, mais surtout un mois avant de partir.  C'est samedi dernier que ça m'a frappé.  Je participais à une pratique de chant en préparation du spectacle du 9 juin prochain.  S'amène une dame au piano, son enseignante au saxophone et le mien, Richard, au micro.  Tout était parfait!  Sérieusement en plus.  Pas la version pour le spectacle, mais la version pour la vie.  Autour du clavier, les trois s'échangent des regards complices, s'ajustent et se réajustent, apportent les modifications nécessaires, s'arrêtent pour discuter et reprennent.  I'm in a New York State of Mind...

L'an dernier à pareille date, je préparais un voyage similaire à San Francisco.  Un mois pour savoir si j'aime ça faire des un mois.  Le contexte était fort différent par contre.  C'était davantage un test.  C'était en couple.  C'était nouveau.  

Cette année, je n'ai pas hésité à me relancer dans cette aventure.  Mon compte en banque, lui, par contre, un peu!  J'ai trouvé l'appartement dans Upper West Side qui a été annulé quelques semaines plus tard.  À la hâte, j'ai dû en trouver un autre, moins cher, plus sympa.  Karma?  Qui sait...  Je vivrai à quelques rues du premier mais dans Harlem cette fois-ci.  Au grand dam de ma mère qui multiplie ses efforts pour m'y décourager, citant des articles de journaux où des gays se sont faits attaquer...

Je me promets des feux d'artifices le Fourth of July.  Je courrai un 5km dans Central Park avec les locaux.  J'irai voir Justin Timberlake au Yankee's Stadium le 19 juillet.  J'enivrerai mes oreilles dans un club jazz et laisserai mes papilles gustatives jubiler dans quelques restos des différents quartiers de la ville.  J'écrirai dans les cafés, lirai dans les parcs.  Quoi d'autre encore...

Je vais aussi m'ennuyer...  Voyez-vous, la vie a mis sur ma route une nouvelle personne de qui je me suis rapprochée sensiblement ces dernières semaines.  Ça ne faisait pas parti du plan.  Poétiquement, j'ai embarqué dans un train.  Dans le wagon amical.  Des gens, j'en ai rencontrés en plus!  Je pense à Ghislain, Alexandre, Julie et Martin qui m'ont laissé entrer dans leur quotidien comme si nous nous connaissions depuis des années.  Qui ont partagé spontanément leurs anecdotes et leurs sentiments.  Ça m'a fait un bien fou.  Puis, caché au fond du même wagon, Ricardo.  Avec lui, j'ai eu la chance de parler plus longuement, plus intensément.  Avec lui, j'ai eu le plaisir de redécouvrir la vie.  À son contact, j'ai des papillons dans le ventre.  Je sais, c'est cliché.  Mais ce n'est pas parce que c'est cliché que ce n'est pas vrai...

Nous discutons longuement lorsque nous sommes ensemble.  Ni lui ni moi sommes en mesure de déterminer la durée de la relation mais tous deux, nous souhaitons la protéger, la faire grandir.  Il me fait me découvrir.  Il respecte mon espace personnel et remet en question mes acquis.  Il me fait douter et me rassure.  Il s'occupe de moi.  J'ai envie de lui plaire, de le faire rire.  De l'écouter.  De lui rendre la pareille.  Energy.  Communication.  You make me want to be a better man!

C'est de lui que je vais m'ennuyer...  Mais je sais aussi que j'ai besoin de ce moment seul, de m'égarer dans la ville, de penser, de créer, d'écrire et d'observer la vie.  Alors j'accepte de prendre une pause.  D'un mois...

Seconds - Gracias papito!