J'ai récemment appris la séparation d'une amie. 20 ans de vie commune. Deux enfants. Je n'y ai d'abord pas cru. Puis, je n'ai pu que répondre que je ne savais pas quoi répondre. J'ai pourtant vécu la même chose il y a quelques mois...
La semaine dernière, je l'ai croisée sur le Plateau. Avec sa tante. Et j'ai retrouvé son bonheur. Laissez-moi vous expliquer. Bien sûr, la détresse se lit encore dans ses yeux. Une séparation, ça laisse des cicatrices. Mais derrière ce regard, il y avait la sensibilité...
Je ne prône ni la séparation ni le divorce. Pas plus que je souhaite le malheur pour redécouvrir le bonheur. Le problème, il est là par contre. Pourquoi faut-il atteindre le fond pour apprécier les hauts?
J'oublie vite. Dimanche matin, je circulais à voiture dans un quartier que j'ai fréquenté tôt après ma séparation. Et les émotions sont réapparues. Pas la peine d'être séparés: nous nous sommes mutuellement souhaités le meilleur sachant qu'il se trouvait ailleurs pour l'un comme pour l'autre. Ce qui est revenu, c'est toute l'intensité que j'ai vécu, la proximité à la vraie vie, l'ouverture aux autres. Une époque fragile dans ma vie, mais Ô combien enrichissante.
Je suis chanceux. Ricardo a un coeur grand comme l'univers et le cerveau qui va avec. Il voit de l'énergie partout. Il me convainc que la méditation a sa place et qu'il faut remercier la vie. S'il n'était pas là, je crois que je l'oublierais. Voilà! Ce n'est pas gentil pour moi, mais au moins, ça me fait grandir.
Mon amie ne le sait pas encore. Elle vivra d'autres moments pénibles et ardus. Mais d'ici là, elle a déjà commencé à en vivre de beaux, chargés de vérité et de proximité. Avec sa tante. Avec mon autre amie. Avec ses enfants. Je lui souhaite tout le bonheur qu'elle mérite. Je lui souhaite aussi un joli mexicain, troublé lui aussi par ses propres émotions, mais qui prend le temps de les comprendre. Un homme qui lui fera prendre conscience que la vie est éphémère et qu'il faut en profiter. Mais pas tout de suite. Quand ils seront prêts...
Matthieu Ricard, un scientifique français devenu moine tibétain, a dit que surfer la vague, c'est soit euphorisant, soit angoissant. Quand on flirte avec le haut, c'est l’apogée. Mais quand on frappe le fond, c'est pénible. Pas pour rien qu'on l’oppose à nager dans l'océan du bonheur. Quand on y arrive, on deale mieux avec les sensations, parce que le fond est plus loin, que l'eau est plus stable et que, quoiqu'il arrive, on peut mieux se préparer à la prochaine tempête.
Et de toute façon, il y a plus de bateaux pour nous secourir. À condition de leur dire merci. Et qui sait: peut-être y aura-t-il de charmants matelots...



