lundi 4 juillet 2016

Vamonos!

Déjà arrivé, déjà reparti...  Après seulement quelques jours dans la plus grande ville du Texas, le temps était déjà venu de quitter, non sans avoir visité quelques endroits du quartier.  Je vous avais déjè mentionné que les Houstonnais affectionnent particulièrement leurs musées au point d’y avoir dédié un quartier complet.  Le temps (et ne nous le cachons pas : l’intérêt personnel) guidant les derniers déplassements, j’ai choisi d’arpenter les murs du Menil Collection et du Houston Center for Photography.  Le premier exhibe des œuvres de la collection privée de Jean et Dominique De Menil, son épouse, deux philanthropes de la ville qui avaient accumulé des pièces d’artistes qu’ils aimaient encourager.  On peut y voir d’authentiques Magrite, Picasso, Max Ernstz, un Warhol, un Frida Khalo et j’en passe.  Aujourd’hui, les curateurs assurent la continuité en y ajoutant de nouvelles découvertes.  La visite est gratuite et vaut, en quelque sorte, le détour.  

Authentique Andy Warhol
Lavender Disaster
On traverse aisément au musée de la photographie qui lui, expose des collections modernes.  Les trois salles adjaçantes contiennent chacune une série qui amène des réflexions personnelles pertinentes.  Encore une fois, c’est gratuit.

Question de me rendre au centre de location automobile, j’essaie de prendre le transport en commun.  La ville a pensé à tout pour bien promouvoir son système.  Les tarifs sont ridiculement abordables, les transferts électroniques ou avec la carte durent trois heures et on y a récemment inclus une application mobile qui permet d’acheter son billet en trois secondes.  On présente le téléphone au chauffeur qui nous demande de toucher l’écran pour valider l’entrée.  Malheureusement, payer comptant content ne donne droit qu’à un passage sans transfert...  Ironique considérant que ceux qui utilisent le transport en commun sont (j’hypothétise) moins fortunés.  Si, de plus, il ne peuvent se permettre d’avoir un téléphone intelligent, ils seront les seuls à devoir payer (en comptant, bien entendu) chacun de leur passage puisqu’ils ne peuvent obtenir de transfert.  J’ai donc choisi de marcher les trois kilomètres me séparant du lieu du dit transfert pour économiser!  Radin, je sais.  Dois-je vous rappeler les aléas thermiques de la ville?

D



La location automobile (chez Hertz) m’attendait et ce ne fut qu’une question de minutes avant de pouvoir l’obtenir.  J’ai obtenu un prix ridiculement bas en présentant mon numéro Aéroplan pour ce voyage vers Houston.  Avec les 17$ d’essence qu’il faut dépenser pour un tel trajet, on parle d’un prix de 90$ tout inclus.  Considérant que cette façon de voyager me donne beacoup plus de liberté (et la possibilité de chanter en chemin sans déranger d’autres passagers!) en plus de me permettre de cueillir Ricardo à l’aéroport, de nous rendre chez notre amie ET de revenir à Dallas le lendemain pour visiter, le choix m’appert évident.  Sans oublier l’arrêt obligatoire chez Buc-ee’s, LA référence des texans qui prennent la route.  Une connaissance m’a bien résumé le tout en comparant les lieux à « Like a Walmart on the highway! ».  On gaze, bouffe, boit et fait ses emplettes.

L’aéroport DFW n’est pas vaste qu’à l’intérieur.  Les cinq terminaux qu’il contient exigent des péripéties automobiles.  N’ayant pas prévu de Cell Phone Lot - ce que de nombreux voyageurs déplorent sur les sites internet, il faut se garer sur l’accotement et actionner les clignotants d’urgence juste avant l’entrée des payages.  On attend le texto confirmant l’arrivée puis on s’aventure sur près de dix kilomètres de possibilités!  Bref : ça peut être compliqué!

Par la suite, nous nous sommes rapidement rendus à The Colony en empruntant l’autoroute payante.  Aucun arrêt en chemin : ce sont des lecteurs optiques qui s’occupent de tout.  Au fait, nous n’avons pas réussi à trouver l’autoroute gratuite...  Le prix à payer?  Nous le saurons dans un mois et demi puisqu’on envoie la facture par la poste...

Dès les premiers contacts avec la ville de Dallas, on tombe sous le charme.  Beaucoup plus dynamique visuellement tant la nuit que le jour, Dallas se rapproche davantage d’une grande ville.  Après avoir retourné la voiture, nous avons entrepris une escapade en utilisant le M Trolley, un tramway gratuit qui sillonne différents quartiers.  Ça vaut le détour puisque ça permet de mieux voir des coins moins accessibles à pied.  Et on évite la chaleur!





Depuis que je vous ai écrit, Ricardo et moi sommes particulièrement occupés!  En quelques jours, nous avons rencontrés Lilli « I Looooooovvve You! », Karl, Victor, David, Paula, Chris, Joël, Alyssia et d’autres dont le nom m’échappe!  La ville étant vaste et étendue, nous la découvrons en voiture.  Voici la liste des événements courus :

- Pool party/BBQ brunch chez Lilli pour son anniversaire;
- Bubble tea chez Fat Straws
- Visite de la Community Brewery, un entrepôt convertit en bar où on déguste les varités en regardant les écrans géants projetés sur les murs ou en jouant à des jeux de société;
- Souper au Resto salvadorien Gloria’s qui se transforme en salsathèque ultra modéré dès 22h;
- Randonnée matinale au White Rock Lake : une promenade de 9 miles autours d’un lac;
- Déjeuner au Mambo Seafood, un sympathique restaurant qui sert des plats à base de poisson – le céviché sur tostada et la soupe vuelve la vida au poisson étaient simplement divins;
- Souper au El Ranchito, typiquement mexicain et particulièrement délicieux où j’ai pu doubler le nombre de chapeau de cowboys que j’ai vus depuis mon arrivée (j’en suis à 10 maintenant);;
- Escapade dans au Whitehall Exchange, bar du quartier Bishops Arts, question de célébrer l’anniversaire de Alyssia.  














De façon générale, Brigette nous accompagne lors de la majorité de nos déplacements.  C’est une amie d’Irma.  Avec Lilli, ils forment les Trois Amigas.  Avec elles, on ne s’ennuie pas!  On termine une activité, Brigette nous donne quelques heures pour nous en remettre en précisant les lieux et l’heure de la prochaine aventure.  Elle revient pile à l’heure, klaxonne quelques fois et crie « Vamonos ! Vamonos!».  Au fait, elle crie « Vamonos » fréquemment parce que c’est toujours le temps d’y aller!

Nous sommes déjà le Fourth of July.  Je vous écris pendant qu’Irma et Ricardo sont partis marcher non loin d’ici.  Après une nuit dernière a été ponctuée d’intenses orages qui nous ont tenu éveillés plus d’une heure, ils m’ont laissé dormir un peu...  Quand ils reviendront, on ira à Fort Worth voir le vrai Texas avant de revenir pour gaver nos yeux d’explosions pyrotechniques!

Vamonos!

vendredi 1 juillet 2016

Savoir s'organiser

Une journée à Houston exige une rigoureuse planification.  Il faut savoir doser les sorties extérieures de façon à ne pas subir une insolation.  Bon.  J’exagère, mais à peine.  La chaleur pèse dans la balance du choix des activités...  

Après le déjeuner continental (auto)servi dans la salle à manger, j’ai pris le temps de bien organiser le temps et les déplacements.  Une liste pas nécessairement étoffée mais variée.  Après une douche et une scéance de méditation, je quitte vers le Artcar museum.  Il s’agit d’un petit musée qui expose en permanence des photos de voitures modifiées.  Ils reçoivent également quelques spécimens qui se sont mérités des prix au fil des ans.  La dame à l’entrée était particulièrement fière de m’apprendre qu’aujourd’hui, on pouvait observer une Corpus Cristi Low Rider.  Mon ignorance additionnée à son enthousiasme m’ont rapidement dirigé vers mon iPhone pour Googler le dit phénomène.  Mes doutes furent confirmés.  Il s’agit de bolides modifiés un peu comme des street cars.  On aime ou non, mais on ne peut qu’admirer la passion et l’enthousiasme des conducteurs.  Trois autres voitures complètent l’exposition.  De véritables œuvres d’art.  





Sur place, j’ai rencontré deux dames d’un certain âge qui m’ont expliqué qu’elles visitaient aujourd’hui le musée puisque leur résidence offrait ce tour.  Aux hommes.  Féminisme oblige, elles sont allées voir l’organisateur et se sont jointes au groupes.  Et la journée de la visite, elles formaient à elles seule LE groupe!  Passionnées en plus!  Curieuses, elles ont fait le tour des lieux, lisant l’ensemble des panneaux informatifs, s’extasiant devant tant de testostérone et de créativité.

Prochaine étape, le fameux bouton rouge qu’il faut pousser pour créer une bulle géante dans le Buffalo Bayou.  Œuvre d’art créée il y a quelques années, le but de l’expérience est effectivement de peser sur un bouton rouge dissimulé dans une colonne afin d’aérer le bayou.  Ayant été éduqué à ne pas toucher ce qu’on ne devrait pas, il devient palpitant ici de le faire.  Site peu fréquenté mais tout de même intéressant.  Les locaux ne semble pas trop connaître en plus!



J’aurais bien voulu monter les soixante étages qui mènent au Ski View de la Chase Tower mais on a fermé le tout la semaine dernière pour une période indéterminée.  Dommage.  Voir Houston de haut piquait ma curiosité..



Subjugé par la chaleur, je me suis réfugié dans les tunnels de la ville.  Un peu comme le Montréal souterrain, Houston a bâti un réseau de quelques miles.  Pas réellement touristique.  Il permet aux travailleurs de se promener d’un édifice à un autre pour éviter la chaleur.  Logique et dépourvu de chaleur (humaine).  Seul bémol intéressant : comme je suis arrivé sur l’heure du dîner, j’ai croisé quelques professionnelles qui faisaient un Power Walk.  Souliers de jogging jumelés au costume de travail, elles s’activent en échangeant les derniers potins.  Du moins, j’imagine.




Après avoir grimpé à bord du train du centre-ville, je me suis rendu à l’auberge pour une courte sieste.  Comme on me parle sans cesse du Galleria Mall, j’ai décidé que j’irais pour constater de visu.  Édifice mercantil colligeant plusieurs grandes marques et une patinoire intérieure (devais-je spécifier?).  Rien de particulièrement excitant ici, les prix frôlant les nôtres.  Par contre, à quelques mètres, dans un parc adjaçant, on a érigé une gigantesque fontaine de six étages.  Si on souhaite joindre les deux, ça vaut le détour.





Tout voyage ne serait complet sans une visite dans les institutions locales.  House of Pies!  Bien que la compagnie ait fait faillite il y a plusieurs années, quelques franchises subsistent ça et là.  Le menu varié propose également des plats et entrées.  Mais on y va pour les tartes : banana cream, chocolate cream, et bayou goo - la spécialité de la maison cuisinée avec des pacanes qui poussent non loin d’ici.  Un quasi dinner qui nous ramène dans les années 70/80!



Une autre journée qui s’achève déjà.  C’est surprenant ce que les gens pensent de leur ville.  Il ne comprennent pas pourquoi je suis venu ici.  Oui, ils apprécient leur museum district – à la hauteur de sa réputation.  Autrement, tous me confirment que Houston est une working Town...

Pour une working Town, ils ont au moins de délicieux working Boys!  Et à ce jour UN SEUL chapeau de cowboys coifé par un policier.

mercredi 29 juin 2016

Houston Hospitality

Une première journée de passée.  Il ne faut pas se le cacher, voyager change vraiment la routine.  Ici comme ailleurs, on a davantage le temps d’apprécier et moins de stress à gérer.  Ou est-il seulement différent.

À mon arrivée à l’aéroport, j’ai pu constater à quel point les gens aiment aider.  Il devait y avoir quelque chose dans mon regard pour l’agent de sécurité qui m’a dirigé vers le bus local, l’autre agent qui m’a pointé vers le tram pour changer de terminal et le concierge qui m’a dit d’attendre à l’intérieur, car il fait vraiment trop chaud dehors!  À l’arrivée du transport, on se dirige vers le centre-ville puis vers l’auberge.  Un trajet d’une heure et quart pour la modique somme de 3$US (ou 3 $ US pour Chantal Stinson).  

Le Morty Rich Hostel se situe sur une rue calme du quartier Montrose.  Il s’agit d’un boulevard, mais pas au sens que nous le connaissons.  Deux voies séparées par un terre-plein.  Circulation : une voiture à la minute.  Genre.  L’intérieur est particulièrement luxueux.  On y trouve plusieurs salons, une salle de billard, une cuisine et une salle à manger commune.  Et le personnel est sympa!  On m’a upgradé vers une chambre où il y a une salle de bain.  Six lits mais 4 chambreurs seulement.  Et l’air climatisé...


Je n’ai pas touché la poignée de la porte de sortie qu’un des hôtes m’accoste me demandant où je veux aller.  Il me suggère un resto tout près ou le spécial de la soirée est un steak Angus avec pomme de terre garnie.  Le tout pour 15$.  Avec l’air climatisé.

Mais avant le souper, je sens le besoin de me désaltérer et de socialiser.  Direction: bar Ripcord.  Un pub de quartier où on discute davantage qu’on danse.  Je parle à Lorenzo qui me suggère de visiter les chauves-souris sous le pont au coucher du soleil.  Étrange mais bon (les chauves-souris, pas Lorenzo).  Je note le tout et l’informe que j’irai après mon souper si le temps me le permet...


Je quitte donc vers le Hay Merchant et étudie comment me rendre à ce pont situé à quelques kilomètres.  La chance me sourit.  J’organise mon horaire.  Je monte dans le 82.  Qui a l’air climatisé.

Sur place, je cherche un peu, car je semble être le seul que la visite intéresse.  Je me trompe.  Arrive une gentille dame un peu grano, un peu geek, qui m’aborde et me demande d’où je viens.  Ma réponse l’emballe et nous discutons une quinzaine de minutes.  Elle me dit de l’attendre ici, car elle doit aller chercher des amis qui se rencontre ce soir pour un tour guidé.  Elle me présente à tous comme étant « Le Canadien ».  L’accueil est chaleureux, poignées de mains et sourires omniprésents.  J’ai le droit à des explications sur le mode de vie des chauves-souris mexicaines qui habitent sous ce pont.  300 000.  Ce n’est rien comparativement aux 2 000 000 qui nichent à Austin.  Plus la noirceur tombe, plus elles s’activent.  Quand elles seront prêtes, elle s’envoleront, formant un nuage qui se dirige vers la ville pour se nourrir d’insectes.  Impressionnant!  Je m’émeus devant tant de gentillesse et de chance (de mes acolytes, pas des chauves-souris)!



La soirée avance et vient le temps de rentrer.  Retour en bus (toujours sur le même 3$ dépensé en début de journée) vers la chambre.  Tous deux air climatisés.

Je ne suis pas totalement sous le charme total de Houston.  La ville, bien que jolie et intéressante, n’a pas le charme des grandes villes que je connais.  C’est vaste et varié.  C’est surtout chaud.  Très chaud.  Très très chaud.  Ok : chaud en tabarnak!.  Les gens, en revanche, sont toujours sympathiques!  Des chauffeurs d'autobus aux vendeurs en passant par les citoyens et les travailleurs.  La convivialité se ressent.  Ceux que je croisent me sourient ou me disent le « How’s it going? » habituel qui, aux States, n'exige pas de réponse.  Bref, un plaisir.  Surtout avec l’air climatisé.

mardi 28 juin 2016

Why Texas?





Les années se suivent et on souhaite parfois qu’elles se ressemblent, parfois qu’elles soient complètement différentes.  Parfois aussi, on n’a pas forcément le choix...  Et parfois c’est mieux ainsi.

Comme d’habitude, fin février, j’ai lancé mes recherches afin de trouver ma destination estivale annuelle.  Cette convalescence tant attendue qu’on soigne à doses de vagabondages sur  internet et qui stimule l’adrénaline bien avant le départ officel.  Mais bon.  Les prix augmentent, les tensions internationales aussi.  Avoir visité plusieurs grandes villes comme San Francisco, New York et Chicago restreint également les choix.  Ce que je prévoyais être une décision moyennement facile s’est avéré en être une plus ardue.  Dire qu’on a même pensé nous rendre à Cuba ou en République pour quelques semaines.

Puis est apparu le Texas.  Why Texas?  Au fait, il n’y a pas de réponse simple.  Bien entendu, Ricardo et moi logerons chez une amie pendant près d’une semaine.  Point de vue financier, ça aide.  Mais si c’était la seule raison, ça n’en vaudrait pas la chandelle.  Pour moi, cet état a quelque chose de mystérieux.  C’est difficile de cerner exactement ce qui le rend si différent des autres.  Les premiers trucs qui surgissent à l’esprit sont les chapeaux et les bottes de cowboys sans compter l’attitude qui vient avec.  On s’imagine facilement les texans comme étant plutôt « narrow minded ».  

Alors, quoi de mieux que de confronter nos prégugés et nos attentes?  Donner la chance au coureur.  Laisser les découvertes nous apprivoiser.  Jusqu’à présent, les américains ont toujours été fort différents de ce à quoi je m’attendais.  Bien loin de tous les défauts qu’on leurs affuble.  Le mieux est de se lancer, de faire confiance à la vie et d’apprendre des aléas qui surviendront...

Donc plutôt que de rester un mois dans une grande ville cette année, nous avons choisi d’en visiter plusieurs.  De s’impreigner du Texas et de sa culture.  Je quitte donc aujourd’hui pour Houston, premier bref arrêt d’une aventure de trois semaines.  Je rejoindrai Ricardo à Dallas dans quelques jours.  Par la suite, cap vers San Antonio.  Enfin, Austin.  

Bien que Ricardo doive revenir plus tôt, mon voyage ne se terminera pas là.  Plutôt que  de choisir des villes, j’ai magasiné des billets d’avion.  C’est ainsi que le destin m’a mené vers Denver, Colorado, une ville dont on dit beaucoup de bien et, qui plus est, que je connais peu.  Pas serait plus approprié.  Prochain billet bon marché?  Philadelphie, Pennsylvanie.  Si j’avais été (mal)chanceux, j’aurais obtenu ce vol direct vers Montréal pour une risée.  Mais la façon la moins chère de revenir au bercail se fera via New-York...

J’essayerai d’écrire plus souvent comme c’est davantage le cas lors de mes voyages.  Contrairement aux années antérieures, je n’ai pas d’attentes particulières.  Je n’ai pas vraiment planifié non plus.  On verra bien.  Chose certaine, ça brisera la routine.

Why Texas?  Why not?  Houston, what’s the problem?

vendredi 24 juin 2016

Traverser le Canada à pieds...


Vous trouverez ci-dessous la version intégrale du texte rédigé pour le Guide de Montréal-Nord - édition du mardi 21 juin 2016.  En cliquant sur le lien suivant, vous aurez accès à la version éditée et publiée.


Bonne lecture!

***

Le tour de notre monde en 180 jours : voilà le défi.  40 coureurs de 11 et 12 ans et leurs deux enseignants.  Depuis les deux dernières années, quelques parents en plus.  Départ : St-John, Terre-Neuve.  Direction : Vancouver, Colombie Britannique.  Arrivée : Tuktoyaktuk, Territoires du Nord-Ouest.  Chaque matin, qu’il fasse 30°C ou - 25°C, on s’encourage sur la ligne de départ.  Dès le « go » prononcé humoristiquement, tous s’activent et partent en duos, en trio ou en solitaire...  

Bon. Il vous en manque un bout...  Cette aventure rocambolesque se répète depuis maintenant cinq ans.  Partir la journée du bon bien – sans jeu de mots – ça sous-entend un minimum d’exercice afin de stimuler les muscles du corps et de l’esprit.  C’est pourquoi ces élèves de 6e année du bain linguistique de l’école St-Vincent-Marie à Montréal-Nord partent chaque matin pour une course minimale de deux km autour du bloc.  S’ils sont suffisamment en forme et motivés, ils en font trois ou même quatre.  De retour en classe, ils cumulent le total parcouru par le groupe.  Les quatre kilomètres franchis lors des visites bimensuelles à la bibliothèque du quartier ainsi que ceux de la douzaine de sorties culturelles à Montréal s’additionnent également.

Au fil des semaines, nous avons traversé les dix provinces et deux des territoires, rien de moins : Ocean to Ocean to Ocean.  Sur notre site internet et sur une carte bien en vue dans le corridor près de nos classes, on peut constater la progression de la jeune meute.  Juste au dessus, chacun voit son nom apparaître lorsqu’il franchit une nouvelle centaine de kilomètre.  La fierté dans leurs yeux, elle, ne se note pas sur du papier...  

Notre ambitieux projet se veut multidisciplaire.  Bien au delà de l’activité physique, nous développons nos connaissances en univers social.  Lorsque nous entrons dans une nouvelle province, nous prenons le temps d’en lister sa capitale, son premier ministre, son année d’entrée dans la confédération, ses attraits et bien d’autres.  Auriez-vous le courage de mesurer vos connaissances à celles de nos élèves?  Nous en profitons également pour développer le volet santé physique du programme d’éducation physique de la commission scolaire.  Les jeunes apprennent qu’il n’y a pas de mauvaises températures mais seulement de meilleures façons de se vêtir.  Ils apprennent également les principes de la saine nutrition.  Leur journal de bord, à la fin de l’année scolaire, contient une panoplie d’informations pertinentes.

Et ça ne sa’arrête pas là!  Des liens se tissent avec la communauté.  Nos trois brigadiers qui s’assurent de la sécurité au coin des rues font partie des premiers bonjours matinaux quotidiens.  Ils les motivent par leur nom et constatent eux aussi tous les progrès depuis le mois d’août.  S’immiscent aussi des voisins, des passants, des parents du service de garde, du personnel des écoles avoisinantes qui, eux aussi, encouragent.  Ici, tout notre « village » s’occupe de l’éducation!  

Pour la première fois, le 4 mai dernier, M. Stéphane Dubreuil du Cégep Maisonneuve a invité  Sarah, Islem, Yasser et Aymen, quatre de nos prodiges, lors d’une course officielle au parc du même nom!  Dossards et puces officiels, ces athlètes se sont mêlés aux 575 autres adultes, établissant des records personnels et terminant honorablement.  

Nos futurs candidats ont déjà commencé à s’échauffer lorsqu’ils sont venus s’inscrire au programme d’anglais intensif 2016-2017…

mardi 1 mars 2016

Quiz tu fais pendant ta relâche?

La relâche scolaire permet de reprendre son souffle et de profiter des joies de l’hiver juste avant qu’il sonne son dernier glas-gla.  Si la chance nous sourit, une vivifiante bordée recouvre le paysage et on profite des derniers plaisirs hivernaux, des paysages enneigés, des tuques colorées et même des bottes encore mouillées le lendemain matin!  Après, tout se met inévitablement en mode printanier...

Confortablement assis dans le salon familial en campagne, j’écoute les oiseaux s’orchestrer tout en se gavant dans la mangeoire installée juste devant la fenêtre.  Il y a longtemps que je n’avais pas vu les mésanges et les geais bleus alterner les pirouettes rocambolesques pour se prévaloir des graines pourtant nombreuses.  Café au lait et La Presse+ en mains, je me prélasse le temps d’une détente méritée.

En lisant un des cahiers Hors Séries présenté récemment, j’ai découvert qu’on s’engoue pour les soirées quiz dans les bars.  De fidèles joueurs se réunissent à divers endroits au cours de la semaine pour participer à un tournoi de génies en herbe collectif.  Jumelés par équipe de 3 à 5, on rivalise d’ingéniosité pour trouver un nom d’équipe saugrenu.  Par la suite, on remise obligatoirement son téléphone cellulaire dans une boîte prévue à cet effet.  Pas pour les sonneries dérangeantes.  Non.  Pour les vilains curieux qui seraient tentés d’aller vérifier sur Wikipédia ou Google.  Ici, on doit faire confiance à nos valeureux coéquipiers et à notre culture personnelle.  On négociera parfois nos convictions collectives en tentant une réponse finale.

.

Je me suis donc rendu au centre-ville de Sherbrooke, plus précisément à la microbrasserie locale Boquébière (www.boquebiere.com) située au 50 rue Wellington Nord.  Première surprise : les lieux foisonnent d’individus barbus au look hipster et de filles branchées arborant tuque et/ou lunettes RayBan traditionnelles.  On y est venu majoritairement avec des amis question de connaître son équipe.  Mais on y trouve également ça et là des duos hétéroclites et des solitaires courageux qui n’auront d’autre choix que de se jumeler légalement.  Et voilà pour la convivialité!

Acotés au bar (qui fut logiquement choisi comme notre nom d'équipe de passage), Étienne – philanthrope sherbrookois s’étant préalablement et stoïquement rallié – et mes deux voisines Andréanne et Karine – de charmantes magogoises dans la vingtaine - m’ont invité à me joindre à eux.  Voilà l’équipe formée, les présentations faites.  Notre hétérogénéité évidente nous conférera un net avantage, du moins, l’espère t-on.  

Le premier défi commence vers 20 heures.  Quinze questions de culture générale scrutant nos connaissances tant sur les cordes qui composent une guitare qu’à de célèbres designers en passant par l’inventeur de la chaîne de montage.  L’ensemble des groupes connaît une partie de la réponse mais il manque souvent un détail essentiel...  C’est le challenge!  On navigue donc en terrain connu pour ne pas se sentir comme l’idiot du village.  En même temps, on doute, on partage et on négocie, espérant trouver la solution cherchée.  L’exercice terminé, on récapitule une dernière fois l’ensemble des questions puis on ramasse nos réponses plus ou moins convaincues, question de procéder à la correction.  

Une pause de 15 minutes permet de s’abreuver et grignoter (Quoi? On fréquente un bar après tout!) tout en tentant de valider ses réponses avec les équipes avoisinantes ou en fouillant son téléphone intelligent.  Quoiqu’il en soit, ça donne l’occasion de découvrir ses partenaires, leurs intérêts et leurs loisirs.  Quand les arbitres reviennent, on se sent déjà plus soudés, prêts pour entamer la seconde étape.  Mais il faut d’abord valider les gagnants de l’étape précédente tout en leur offrant leur récompense : un pichet de bière!

La fébrilité s’empare à nouveau de tous lors de la ronde visuelle.  Cette fois-ci, il faut identifier des objets, des personnages, des logos, des voitures et j’en passe.  Pour nous, il s’agissait d’identifier 15 instruments de musiques hétéroclites.  Bien qu’on y retrouve le violon ou la guitare classique, on y insère des méconnus et quelques pièges concertés pour départir les amateurs des érudits!  Pas besoin de vous dire que nous avons lamentablement échoué, ne récoltant que six bonnes réponses (où étais-tu, Mélanie Champagne!).  Contrastant avec les trois équipes qui ont dû se départager la première marche du podium : 14 réussites chacune!  On a droit à une seconde pause pour motiver les troupes et, encore une fois, commander une ‘tite frette.  

Dernier tour de piste : les questions auditives.  La chance nous sourit puisque le thème concerne les boys band des années 90.  Dès l’écoute des premières notes, on s’arrache poliment le crayon question de noter à la fois la pièce et l’artiste.  Confiants d’obtenir un score respectable, nous avons malgré tout dû faire face à une féroce compétition pour qui ces classiques résonnaient tout aussi intensément.  Mais on s’en tire mieux avec un 7 sur 10 parce qu’on ne connaissait pas, entre autres, le titre exact et l’interprète de « Numa Numa Yie »...

Bref, il s’agit d’une savoureuse soirée qui permet d’agréables rencontres et d’enrichissantes conversations tout en stimulant les neurones engourdis.  On se surprend à s’investir tant dans un milieu traditionnellement plus relaxe.  Une découverte intéressante, d’autant plus qu’à Montréal, on offre ce genre de rassemblement à tous les soirs de la semaine à l’exception du vendredi.  Ça permet de découvrir de nouveaux bars en plus de nous faire oublier les grisailles de l’hiver...

Une expérience à revivre en compagnie d’amis qui savourent eux aussi les défis culturels...