En pleine semaine de la Fierté, les questions habituelles resurgissent... Devrait-on dire qu'on est gay quand on est prof? Jusqu'où peut-on démontrer de l'affection en public? Faut-il nécessairement militer pour la reconnaissance des droits, coûte que coûte? Doit-on "outer" les célébrités (ça se fait, mes amis...) pour qu'à leur tour, ils ou elles défendent notre cause? So many questions, so many answers...
Pour ma part, je ne pousserai pas la réflexion trop loin aujourd'hui. Certaines de ces questions méritent un débat plus approfondi et, surtout, mérite de mieux connaître les deux côtés de la médaille. L'une d'entre elle, par contre, me tracasse davantage. Elle porte sur la manifestation de nos sentiments en public...
Vous n'êtes pas sans savoir que je suis en Amour. À nouveau. Publiquement, j'ai vécu mes trois relations fort différemment. La première, dans le Grand Nord québécois, de façon totalement isolée. Et je ne parle pas de distance ici. Le milieu n'était pas favorable à une telle ouverture. Pour la seconde, mon copain était plus ouvert que moi. Je pense qu'il m'aurait pris la main pour marcher si je n'avais pas été si réticent. Ça n'avait rien à voir avec lui, remarquez. Je craignais plutôt de tomber face à face avec un élève, un parent d'élève, un ancien élève. Bref, ça ne m'élève pas au plus haut niveau, je sais...
À l'aube des quatre mois de ma nouvelle relation, je me sens complètement différent. J'ai sans cesse besoin de l'avoir près de moi, de lui tenir la main, de le prendre par la taille, de lui voler des becs. Rien de déplacé, notez. Juste ce qu'un couple normal ferait...
Et j'ai choisi le mot! Pour vous provoquer. Bien loin de penser que nos couples ne sont pas normaux. Hier soir, nous étions attablés dans un chic resto sushis de l'est de Montréal. Six gays. On ne pouvait pas nous manquer. Non pas que nous portions des fringues extravagantes ou affichions des attitudes efféminées (Ça reste à définir - et à prouver!). Il s'agit plutôt de simples gestes posés tout au long du repas, comme nos accolades et nos embrassades à notre arrivée, notre façon d'être affectueux au delà de ce que les hommes font habituellement. Et le fait que Ricardo et moi étions soudés par nos caresses subtiles, nos mains entrelacées et nos baisers occasionnels.
Mais je ne vous écris pas ceci pour vous relater ma vie personnelle ou amoureuse. Je souhaite simplement vous faire réfléchir à notre réalité. Je suis tout à fait conscient des avancés légales et idéologiques de notre province et notre pays. Surtout lorsqu'on pense à tout ce qui se passe en Russie actuellement. Je ne vous écris pas non plus pour provoquer un débat. Ni pour vous culpabiliser. Je prends tout simplement un moment pour qu'on puisse s'arrêter et y réfléchir. Question qu'on prenne conscience de nos progrès et de ce qu'il nous reste à accomplir.
Parce qu'on ne se pose pas forcément ces questions quand on est straight...
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