J'aime le shiraz. La sirah aussi, mais moins: française... J'aime le cabernet sauvignon, le cabernet franc, le foch, le douro. Dans le blanc, le sauvignon. Mais ça se limite à ça. Je préfère toujours ces vins d'avance, avant même d'avoir goûté. C'est une logique qui ne se discute pas, voilà. J'entre à la SAQ et je me dirige instinctivement vers l'Australie et le Portugal, l'Afrique du Sud ou l'Argentine. Depuis l'été dernier, vers Sonoma et Napa Valley. Alors quand revient le temps de choisir, normal que je me fie à mes instincts, à mes expériences...
Wrong! J'ai découvert en fin de semaine un nouveau vin. Un italien. Pas de cépage précis ni même d'assemblage fortuit. Un bâtard! Pire encore, aucune note descriptive au verso pour bien accorder avec un mets quelconque. Bref, quelque chose que je n'aurais jamais choisi.
Pourtant, je me suis déjà buté à un mauvais shiraz et même à un mauvais sauvignon (cabernet inclus) sans conséquences autres. Il devait forcément s'agir d'une exception. Tout le monde connaît sa palette et c'est difficile de s'en éloigner. La mienne est aromatique et charnue. Mais je deviens de plus en plus souple...
Pour faire une histoire brève, je n'ai pas choisi le vin. Il s'est offert à moi. J'avais la tête ailleurs, rendue davantage dans un dangereux quartier d'Espagne, ayant en mémoire une sanglante corrida partagée dans une situation similaire. Ailleurs aussi, n'écoutant pas les judicieux conseils prodigués par le spécialiste. Au sortir: deux bouteilles sous le bras. Je ne peux même pas vous dire lesquelles à ce moment précis... Et ça n'a pas d'importance.
Les événements se sont enchaînés de sorte que la meilleure a été savourée en deuxième. Et c'est alors que l'incompréhensible visite à la boucherie du quartier, le bubble tea fantaisiste, le High Time complètement inversé, le break discussionel au parc qui se devait pourtant silencieux ont pris toute leur saveur. Une soirée grisante et grivoise dont les effets se sont longuement faits sentir, jusqu'au persistant freeze frame d'une gelato elle aussi italienne!
Et c'est là que je me questionne...
Je devrai revisiter ce vin un jour. Pour moi, pas juste pour Marie-Ève. Surtout pour savoir s'il était vraiment si divin ou si c'était le parfait accompagnement à un plat qui a mis plus d'une journée à mijoter. Chose certaine, si je n'avais pas pris le temps de le découvrir et que j'étais resté sur mes attentes habituelles, je ne serais pas en mesure d'en jouir autant.
Si c'était ça, la vie?
Je suis encore en Italie pour l'instant. Il me reste à prier. Puis à aimer... I so not want for you to be my David...
Vous n'êtes théoriquement pas censé comprendre ce texte. Il s'adresse à mon enfant intérieur (bien qu'âgé de plus de 18 ans, carte à l'appui comme l'exige le commerçant). S'offrent à vous à présent deux choix. De un, en apprécier sa qualité littéraire. Pour le vin? Seriously!? Depuis quand en suis-je un spécialiste? Merde que vous pouvez être dupe! Mais si vous y tenez, laissez-vous aller. La finale est assez soutenue... selon la SAQ à tout le moins.
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Umberto Cesari Moma 2011 Vin rouge, 750 ml, Italie Prix SAQ: 17,00$ |
Wrong! J'ai découvert en fin de semaine un nouveau vin. Un italien. Pas de cépage précis ni même d'assemblage fortuit. Un bâtard! Pire encore, aucune note descriptive au verso pour bien accorder avec un mets quelconque. Bref, quelque chose que je n'aurais jamais choisi.
Pourtant, je me suis déjà buté à un mauvais shiraz et même à un mauvais sauvignon (cabernet inclus) sans conséquences autres. Il devait forcément s'agir d'une exception. Tout le monde connaît sa palette et c'est difficile de s'en éloigner. La mienne est aromatique et charnue. Mais je deviens de plus en plus souple...
Pour faire une histoire brève, je n'ai pas choisi le vin. Il s'est offert à moi. J'avais la tête ailleurs, rendue davantage dans un dangereux quartier d'Espagne, ayant en mémoire une sanglante corrida partagée dans une situation similaire. Ailleurs aussi, n'écoutant pas les judicieux conseils prodigués par le spécialiste. Au sortir: deux bouteilles sous le bras. Je ne peux même pas vous dire lesquelles à ce moment précis... Et ça n'a pas d'importance.
Les événements se sont enchaînés de sorte que la meilleure a été savourée en deuxième. Et c'est alors que l'incompréhensible visite à la boucherie du quartier, le bubble tea fantaisiste, le High Time complètement inversé, le break discussionel au parc qui se devait pourtant silencieux ont pris toute leur saveur. Une soirée grisante et grivoise dont les effets se sont longuement faits sentir, jusqu'au persistant freeze frame d'une gelato elle aussi italienne!
Et c'est là que je me questionne...
Je devrai revisiter ce vin un jour. Pour moi, pas juste pour Marie-Ève. Surtout pour savoir s'il était vraiment si divin ou si c'était le parfait accompagnement à un plat qui a mis plus d'une journée à mijoter. Chose certaine, si je n'avais pas pris le temps de le découvrir et que j'étais resté sur mes attentes habituelles, je ne serais pas en mesure d'en jouir autant.
Si c'était ça, la vie?
Je suis encore en Italie pour l'instant. Il me reste à prier. Puis à aimer... I so not want for you to be my David...
Vous n'êtes théoriquement pas censé comprendre ce texte. Il s'adresse à mon enfant intérieur (bien qu'âgé de plus de 18 ans, carte à l'appui comme l'exige le commerçant). S'offrent à vous à présent deux choix. De un, en apprécier sa qualité littéraire. Pour le vin? Seriously!? Depuis quand en suis-je un spécialiste? Merde que vous pouvez être dupe! Mais si vous y tenez, laissez-vous aller. La finale est assez soutenue... selon la SAQ à tout le moins.
