lundi 29 avril 2013

Critique oenologique



Umberto Cesari Moma 2011
Vin rouge, 750 ml, Italie
Prix SAQ: 17,00$
J'aime le shiraz. La sirah aussi, mais moins: française... J'aime le cabernet sauvignon, le cabernet franc, le foch, le douro. Dans le blanc, le sauvignon. Mais ça se limite à ça. Je préfère toujours ces vins d'avance, avant même d'avoir goûté. C'est une logique qui ne se discute pas, voilà.  J'entre à la SAQ et je me dirige instinctivement vers l'Australie et le Portugal, l'Afrique du Sud ou l'Argentine. Depuis l'été dernier, vers Sonoma et Napa Valley. Alors quand revient le temps de choisir, normal que je me fie à mes instincts, à mes expériences...

Wrong! J'ai découvert en fin de semaine un nouveau vin. Un italien. Pas de cépage précis ni même d'assemblage fortuit. Un bâtard! Pire encore, aucune note descriptive au verso pour bien accorder avec un mets quelconque. Bref, quelque chose que je n'aurais jamais choisi.

Pourtant, je me suis déjà buté à un mauvais shiraz et même à un mauvais sauvignon (cabernet inclus) sans conséquences autres.  Il devait forcément s'agir d'une exception. Tout le monde connaît sa palette et c'est difficile de s'en éloigner.  La mienne est aromatique et charnue. Mais je deviens de plus en plus souple...

Pour faire une histoire brève, je n'ai pas choisi le vin. Il s'est offert à moi. J'avais la tête ailleurs, rendue davantage dans un dangereux quartier d'Espagne, ayant en mémoire une sanglante corrida partagée dans une situation similaire. Ailleurs aussi, n'écoutant pas les judicieux conseils prodigués par le spécialiste. Au sortir: deux bouteilles sous le bras. Je ne peux même pas vous dire lesquelles à ce moment précis... Et ça n'a pas d'importance.

Les événements se sont enchaînés de sorte que la meilleure a été savourée en deuxième. Et c'est alors que l'incompréhensible visite à la boucherie du quartier, le bubble tea fantaisiste, le High Time complètement inversé, le break discussionel au parc qui se devait pourtant silencieux ont pris toute leur saveur. Une soirée grisante et grivoise dont les effets se sont longuement faits sentir, jusqu'au persistant freeze frame d'une gelato elle aussi italienne!

Et c'est là que je me questionne...

Je devrai revisiter ce vin un jour.  Pour moi, pas juste pour Marie-Ève.  Surtout pour savoir s'il était vraiment si divin ou si c'était le parfait accompagnement à un plat qui a mis plus d'une journée à mijoter. Chose certaine, si je n'avais pas pris le temps de le découvrir et que j'étais resté sur mes attentes habituelles, je ne serais pas en mesure d'en jouir autant.

Si c'était ça, la vie?

Je suis encore en Italie pour l'instant. Il me reste à prier. Puis à aimer... I so not want for you to be my David...

Vous n'êtes théoriquement pas censé comprendre ce texte.  Il s'adresse à mon enfant intérieur (bien qu'âgé de plus de 18 ans, carte à l'appui comme l'exige le commerçant).  S'offrent à vous à présent deux choix. De un, en apprécier sa qualité littéraire.  Pour le vin? Seriously!? Depuis quand en suis-je un spécialiste? Merde que vous pouvez être dupe! Mais si vous y tenez, laissez-vous aller. La finale est assez soutenue... selon la SAQ à tout le moins.

mardi 23 avril 2013

Fuck This!

Actually, Fuck That! En avril, ne te découvre pas d'un fil... Who gives a shit, really! La beauté dans le trop plein de sentiments, c'est qu'on en a, au moins, des sentiments! Et ils sont à fleur de peau ces temps derniers! D'où le "ne te découvre pas!". Mais christ, croyez-moi, à soir, il ne restera plus un fil!

Quand on te donne des citrons, fait de la limonade. Le problème, c'est que ça marche pour les citrons. Pas pour les rentrages dedans... Quoiqu'il y aurait peut-être de quoi à faire avec la renfrognade! So this is how the story goes, my friends! Aqui esta la historia, mi nuevo amigo...

Une séparation, ce n'est jamais facile. Surtout quand tout ce que tu veux, c'est t'entendre avec ton ex parce que tu sais pourquoi tu l'as quitté, pourquoi tu l'as aimé, pourquoi tu l'aimeras, pourquoi c'est fini. Pas facile non plus quand la moitié de ton lectorat provient de son clan en plus! Et surtout pas facile quand tu veux passer à autre chose et qu'everything is soooooo in your f&*ckin face! Le problème, c'est que le fer dans la plaie, c'est moi qui le tourne. Personne d'autre. Même qu'autour de moi, on s'acharne plutôt à soigner et à panser. J'en ai besoin, bien sûr. À ma grande surprise, tout le monde excelle à titre de médecin! J'ai toujours pensé que je ne saurais pas quoi dire... De leur côté, ils ne disent rien. Et c'est parfait ainsi. Ils écoutent! Ils écoutent mes histoires plutôt (c'est très peu dire!) redondantes, sachant très bien qu'elles sont typiquement associées à l'extase devant la liberté retrouvée. Ils ne jugent pas en plus. Ils se contentent de me voir passer du coq à l'âne (il serait trop facile ici de faire une blague de mauvais goût du genre "du cock à l'anus", mais Fuck That Too!), du maniaco au dépressif. Et je me rencontre que je n'ai pas toujours été un bon ami... Pas un très bon fils non plus, je concède... Jonathan Custeau, comme d'autres récemment, l'a bien dit. Notre passage sur la Terre (en son jour en plus) n'a de richesse que les rencontres qu'on y fait et apprécie. Si c'était vrai?

Un sacré bout que je ne me suis pas senti ainsi! J'aimerais bien vous dire que j'ai besoin d'aide, que je ne me peux plus, qu'il faut impérativement s'occuper de moi, mais tel n'est pas le cas. J'ai mal, bien sûr, mais j'avais aussi besoin de me retrouver. Un sacré bout de temps que je ne m'étais pas vraiment vu aller! Je redécouvre des gens, parle à des inconnus, placotte de tout et de rien, du profondément important au superficiellement inutile. Je ne suis pas prêt à me ranger aux oubliettes, bien au contraire! J'erre ça et là sans trop savoir où aller. The road is so wide open it's freaky! But do I really need a road? 39 ans sur une voie tracée, balisée. No way am I going back on that highway! Fuck That!

Ok. Là vous vous dîtes que les antidépresseurs ne font plus effet! You're not totally wrong baby! Mais là n'est pas le point. Si je veux reprendre l'écriture de ce blog sans angoisser sur ce qu'en penseront les lecteurs, je dois le faire en toute connaissance de cause et un peu m'en contrefoutre! Ce n'est pas le meilleur texte que j'aurai écrit, mais au moins, il me libère un peu!

On a slightly happier note... I'm in an Empire State of Mind! NYC: here I come! Je quitte officiellement pour un mois en juillet. L'appart est loué. La compagnie aussi! Je m'en vais voir JT le 19 juillet! Who's your daddy now? Take it to the chorus, baby! Je jubile à l'idée de courir dans Central Park, écrire dans les 2 615 Starbucks de la ville, bouffer dans les restos, marcher dans la ville, jouir sur le Highline, fêter sur Broadway, magasiner partout (Hey! A gay's gotta do what a gay's gotta do!). J'ai déjà des livres de lus, des places annotées, de la visite invitée. Start spreading the news!

On a slightly sportier note... Demain, je commence la course! Les tounes sont choisies! Conséquemment, on commencera le tout avec "Feel This Moment". Les courses officielles sont choisies aussi. Vous, par contre, il vous reste un job: cliquer sur "J'aime" lorsque vous verrez apparaître l'icône Nike+ dans votre Facebook. Pour ceux qui ont oublié, ça m'encourage! Même si la course est terminée, cliquez, bordel! J'en ai besoin! 22 semaines. Départ? Semaine du 22 avril. Fin? Le 22 septembre. Pensez-vous qu'il y a un lien? Chose certaine, le 23, je suis au zumba! (Love you too much, gurls!).

Ok. That's it! Plus rien à dire ce soir! La banque est vide de textes! Il y en a même pas un en réserve! And I feel good about it!

Quoique vous en pensiez, ce serait un bon moment pour commenter!

Merci pour votre indulgence! Je vous promets que je ne vous promets rien!

** Believe it or not, Guylaine: à l'instant même, je viens de faire quelque chose que je n'ai jamais fait dans ma vie! Lo que puedo decir abraza me ahora! Muchos Gracias, senorita! Quien quiere leche (Je niiiiiiiaaaissssse! Seulement à propos du quien quiere leche!)! Je t'aime! Fuck j'aime la vie à soir!

vendredi 5 avril 2013

Aiguisé

L'enseignement. C'est une vocation. Au dire de plusieurs, personne ne serait capable de faire ce que je fais. Le nombre de commentaires parfois si obsolètes me sidèrent. Comme si j'étais davantage capable d'être comptable, coiffeur ou médecin... Ça s'apprend et ça se pratique. Le problème réside davantage dans la routine où devenir blasé peut facilement rendre un travail semblable à une corvée.

Cette année, j'ai vraiment un beau groupe. "Un groupe de carrière" comme se plaît à dire ma collègue. Ils sont curieux, respectueux, participatifs et motivés. Ils connaissent les limites et un simple "chut" prononcé un peu plus fort qu'à l'habitude sert à les faire taire. Mais comme il s'agit d'un groupe que tout le monde pourrait avoir, il reste à parler du prof...

Avant même de lire la suite, ne me réécrivez pas pour me dire que je suis bon, beau et gentil et que mes élèves m'aiment. Là n'est pas le but de ce billet. Je me questionne fréquemment sur la qualité de mon enseignement et sur la nouveauté et la créativité que j'y apporte à chaque année. Elle frôle la désinvolture! Je me dis même parfois que si je devais retourner en classe régulière, je souffrirais beaucoup. Les élèves aussi. Ils seraient confrontés à mon manque de motivation et à ma crainte de m'investir outre mesure...

Alors, si le but de cet article n'est pas d'obtenir un capital de sympathie, où veux-je en venir? À l'effet contraire. Cette semaine, j'ai vécu un moment divin! Picture it: Montreal-North, 2013. Si l'intimidation est à la mode, la lutte à celle-ci l'est encore plus. Les projets gourvementaux et régionaux affluent. Et c'est dans cette optique qu'un collègue, Guy pour ne pas le nommer, a choisi de monter une pièce théâtre avec ses élèves de troisième année. Pour être juste, je crois qu'il a également eu l'aide d'une technicienne, Maude, qui aide un élève de sa classe. Un projet à la guimauve. Mais peu importe, il a toute mon admiration...

Guy m'a d'abord demandé de préparer mes élèves au fait que les acteurs sont âgés de 8/9 ans. Ce que j'ai fait. Il a insisté pour que j'avertisse les miens d'être tolérants avec les siens. Ce que j'ai fait. Nous nous sommes préparés, quoique mon groupe aurait louangé le plus poche des élèves pour le valoriser. Ils sont de même les miens, que voulez vous... Et la pièce commença.

Une représentation de 40 minutes rodée au quart de tour. La vingtaine d'élèves cachés derrière le rideau observent un silence exemplaire en attendant leur tour sur scène. Les textes sont récités sans failles et d'une diction compréhensible. Les changements de décors s'effectuent impeccablement sous l'oeil attentif du maître. La magie opère. Les silences sont respectés pour permettre à l'émotion de s'installer aux moments opportuns. On réussit presqu'à nous soutirer des larmes dans la scène de l'écriture de la lettre.

J'ai cherché le pourquoi d'une si grande mise en garde devant un si grand accomplissement! Dix semaines. C'est tout ce que ces jeunes ont eu pour préparer le spectacle, choisir et apprendre les rôles, monter les décors et répéter. Et ils avaient des cours de maths et autres entre tout ça! Le résultat? Une trâlée d'élèves heureux et émus. Les miens comme les siens. On les félicite et ils gobent tout! Ils sont fiers! Ils réalisent l'ampleur de leurs efforts et comprennent qu'ils ont réussi quelque chose de bien. Pour nous, c'est impossible d'identifier le faible et le fort. Ce projet scolaire a permis d'identifier des intérêts et des motivations! Ils sont aiguisés maintenant, ces gamins!

Je regarde tout ceci d'un oeil professionnel à nouveau. Entreprendre de tels projets exige une patience, une gestion de classe et une organisation exemplaires. Il ne s'agit pas d'acteurs professionnels. Il faut savoir s'adapter au pouls du groupe tout en étant capable de les pousser au delà de leur limites. Il faut être un pédagogue doué d'un sixième sens. Il faut avoir le goût de s'investir et de se donner. Il faut savoir aussi prévoir l'imprévisible et s'adapter à l'inadaptable...

Et Guy sait...