C'est très simple comme logique, très simple comme projet. Au départ, Kurt Pershcke, artiste natif de Chicago mais résidant actuellement à New York, décide de créer une oeuvre qui fera sourire les gens dans des lieux banalisés de villes à travers le monde. De par son positionnement stratégique dans un endroit public, les passants sont soudainement déstabilisés par une gigantesque boule rouge qui modifie le quotidien urbain, parfois drabe ou si facilement générisé. On redécouvre, l'espace d'un moment forcé, un lieu qu'on a pris pour acquis...
J'ai d'abord entendu parlé de ce projet il y a une semaine. Méditant au son de la pluie sous un porche de la campagne, j'essayais d'imaginer une fois de plus comment la vie peut être vue selon les lunettes qu'on choisit de porter. Un même moment, une même action ou un même fait suscitent des réactions différentes selon notre humeur, bien entendu, mais plus particulièrement selon notre propre interprétation et la façon que nous choisissons de la laisser nous affecter. Il en va de même pour ce ballon.
Fébriles, Ricardo et moi nous sommes donc rendus à la station Parc (devons-nous, STM, opter plutôt pour du Parc?) hier soir. Une station de métro qui en dessert une de train de banlieue. Et là, sous un abri, se cache le fameux objet. Je dis "se cache" mais au fond, on ne peut le manquer. Instinctivement, j'ai perçu un gamin tentant maladroitement de berner son parent. Pour jouer. Pour se laisser découvrir aussi. La naïveté juxtaposée au ludisme. L'effet est boeuf! Les passants se laissent charmer par cet objet venu de nulle part, à la fois connu de par sa forme et étrange de par son anormalité!
Force est de constater que ça crée toutes sortes d'interactions autour. Certains se demandent ce qu'y fait cette sphère colorée. Ceux-ci questionnent, sont surpris d'apprendre qu'elle a déjà voyagé beaucoup et qu'elle ne reviendra plus ici, à Montréal. D'autres veulent immortaliser le moment en photographiant l'ami plongeant corps entier dans la molle surface au son d'un clic électronique pré-Facebookien. Ces derniers laissent momentanément leur enfant intérieur s'extérioriser. Enfin, quelques autres hésitent, ne sachant comment réagir, pris par de possibles conflits intérieurs qui les obligent à rester matures, quasi-stoïques, soi-disant distants mais tout de même étrangement présents. Chose certaine, tous, oui tous, sourient!
J'ai trouvé cette oeuvre d'art très poétique. Une ode à la vie. Une façon de briser un quotidien trop intégré. J'ai aimé caresser cette forme, m'imaginant toutes les mains qui, à Barcelone, Paris, Lausane, Portland ou même Abu Dhabi, ont fait comme moi. J'ai voyagé brièvement en pensant aux diverses réactions d'autant de cultures. J'ai senti qu'il faut parfois briser la routine, parler aux gens, répondre aux questions, prendre des photos sans se justifier pour réapprendre que nous ne sommes pas seuls dans cette ville qui à son tour existe aussi... Une façon si originale de mobiliser un instant pour en faire naître de nouveaux.
Oui, RedBall donne des ailes.
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La RedBall migrera une dernière fois vers le Parc Lafontaine ce samedi. Allez y faire un tour. Pour la boule, bien sûr, mais surtout pour l'effet!
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