jeudi 31 octobre 2013

Les méandres d'une séparation... (la suite)

J'ai récemment appris la séparation d'une amie.  20 ans de vie commune.  Deux enfants.  Je n'y ai d'abord  pas cru.  Puis, je n'ai pu que répondre que je ne savais pas quoi répondre.  J'ai pourtant vécu la même chose il y a quelques mois...

La semaine dernière, je l'ai croisée sur le Plateau.  Avec sa tante.  Et j'ai retrouvé son bonheur.  Laissez-moi vous expliquer.  Bien sûr, la détresse se lit encore dans ses yeux.  Une séparation, ça laisse des cicatrices.  Mais derrière ce regard, il y avait la sensibilité...

Je ne prône ni la séparation ni le divorce.  Pas plus que je souhaite le malheur pour redécouvrir le bonheur.  Le problème, il est là par contre.  Pourquoi faut-il atteindre le fond pour apprécier les hauts?

J'oublie vite.  Dimanche matin, je circulais à voiture dans un quartier que j'ai fréquenté tôt après ma séparation.  Et les émotions sont réapparues.  Pas la peine d'être séparés: nous nous sommes mutuellement souhaités le meilleur sachant qu'il se trouvait ailleurs pour l'un comme pour l'autre. Ce qui est revenu, c'est toute l'intensité que j'ai vécu, la proximité à la vraie vie, l'ouverture aux autres.  Une époque fragile dans ma vie, mais Ô combien enrichissante.

Je suis chanceux.  Ricardo a un coeur grand comme l'univers et le cerveau qui va avec.  Il voit de l'énergie partout.  Il me convainc que la méditation a sa place et qu'il faut remercier la vie.  S'il n'était pas là, je crois que je l'oublierais.  Voilà!  Ce n'est pas gentil pour moi, mais au moins, ça me fait grandir.

Mon amie ne le sait pas encore.  Elle vivra d'autres moments pénibles et ardus.  Mais d'ici là, elle a déjà commencé à en vivre de beaux, chargés de vérité et de proximité.  Avec sa tante.  Avec mon autre amie.  Avec ses enfants.  Je lui souhaite tout le bonheur qu'elle mérite.  Je lui souhaite aussi un joli mexicain, troublé lui aussi par ses propres émotions, mais qui prend le temps de les comprendre.  Un homme qui lui fera prendre conscience que la vie est éphémère et qu'il faut en profiter.  Mais pas tout de suite.  Quand ils seront prêts...

Matthieu Ricard, un scientifique français devenu moine tibétain, a dit que surfer la vague, c'est soit euphorisant, soit angoissant.  Quand on flirte avec le haut, c'est l’apogée.  Mais quand on frappe le fond, c'est pénible.  Pas pour rien qu'on l’oppose à nager dans l'océan du bonheur.  Quand on y arrive, on deale mieux avec les sensations, parce que le fond est plus loin, que l'eau est plus stable et que, quoiqu'il arrive, on peut mieux se préparer à la prochaine tempête. 

Et de toute façon, il y a plus de bateaux pour nous secourir.  À condition de leur dire merci.  Et qui sait: peut-être y aura-t-il de charmants matelots...

dimanche 27 octobre 2013

Les méandres d'une séparation...

Ou plutôt "Bonne fête Martin!"

***

Demain est un grand jour.  Un Grand même.  Une personne que j'aime bien célébrera ses 40 ans.  Mais je l'ai perdue dans la séparation...

Martin est scorpion.  Ascendant gentil.  Il est marié et n'a pas d'enfants.  Il avait un chien.  Il a une conjointe merveilleuse, une famille et une belle-famille en or, un travail enrichissant (certains jours plus que d'autres).  Mais voilà.  Ça, c'est Martin.  Je crois que s'il avait un voisin exécrable, un chat agressif et un job éreintant, il ne le verrait pas ainsi.  Voyez-vous, Martin, il cherche le positif dans la vie.  Il est parfois chialeux aussi, mais juste quand on le connaît bien!  (Écoute, mon grand: je te fais un cadeau!  Je ne vais pas mentir pour te faire plaisir!  En passant, je peux changer la photo quand tu veux, Martin, mais je dois en avoir une nouvelle!  J'ai perdu les photos dans la séparation aussi!  Hi! Hi!)

Quand je l'ai rencontré il y a plus de six ans maintenant, j'ai immédiatement ressenti son empathie.  Il écoute.  Il discute.  Il prend le temps de prendre le temps.  Son ouverture à l'autre est palpable.  Martin donnerait son manteau à moins 40 pour pas que l'autre ait froid.  Il transporterait un sac à dos de 70 livres pour ne pas que l'autre souffre!  Je sais: il m'a déjà aidé!  

Mais bon.  Ce n'est pas une déclaration d'Amour! C'en est une d'amitié par contre.  Je sais que nos chemins se sont séparés et qu'il continue d'être heureux et de rendre les autres heureux.  Moi, je veux prendre quelques lignes encore pour lui souhaiter un joyeux anniversaire.  Alors voici...

Martin, je te souhaite une année remplie de Bonheur.  J'apprécie l'ouverture dont tu as fait preuve avec moi et avec les gens en général.  Je ne me suis jamais senti jugé, même lorsque tu percevais que j'avais tort.  Au contraire, tu prenais le temps de m'expliquer et de me faire comprendre.  La définition d'un ami, quoi...

Je te souhaite une quarantaine à la hauteur de tes attentes, avec l'Amour et la santé au quotidien.  Prends le temps de penser à toi et laisse-toi gâter.  Dis-toi que ce que je t'écris aujourd'hui, plusieurs personnes autour de toi le pense aussi.  Et tu es en droit de l'apprécier pleinement!



J'ai deux mois de moins que toi.  Tu as un devoir: préviens-moi des épreuves à venir!  Est-ce que la vie commence vraiment à quarante ans?


mercredi 16 octobre 2013

CouchSurfing in New-England

Déjà près de deux mois sans écrire…  Ça me manquait un peu, mais disons que j’ai vaqué à plusieurs autres loisirs ces derniers temps.  Un agenda garni et chargé rend ardu les mises à jour.  Encore des excuses!

Les finances personnelles prenant le dessus (ou, dans ce cas, le dessous), j’ai décidé que le plaisir de voyager et de découvrir ne céderait pas sa place aux obstacles monétaires.  Après en avoir discuté avec Suzon, mon amie de l’ouest, j’ai découvert le CouchSurfing.  Le mot est un peu vaste considérant qu’il ne s’agit pas nécessairement de surfer sur un divan.  Il y a toute une communauté sur le web.  Une multitude de gens à travers le monde offrent un endroit où passer la nuit.  Ça va du simple futon à la chambre privée.  L’avantage, c’est que ça permet de rencontrer de gens qui aiment eux aussi voyager et qui sont somme toute assez ouvert d’esprit.  Tout ça, gratuitement.

Il y a donc deux semaines, je me suis rendu seul à Plattsburgh dans l’état de New-york.  J’y ai rencontré Marc Peterson, un étudiant/chercheur à l’Université SUNY.  De la gêne que je craignais avoir, j’ai plutôt été fasciné par les nombreuses possibilités conversationnelles.  Trois heures d’échanges sur la musique, les voyages, les États-Unis, la politique, la nourriture et une variété d’autres sujets.  Lorsque nous avons quitté le restaurant, nous sommes revenus chez lui pour poursuivre nos discussions.  Bref, un type qu’on gagne à connaître et qui m’a permis d’en apprendre plus sur la vie et sa simplicité qu'on tend à oublier...

Vendredi dernier, Ricardo et moi répétions l’expérience.  En Nouvelle-Angleterre.  Au New-Hampshire et dans le Maine, plus précisément.  Cette fois, nous avons rencontré Cara, une photographe/esthéticienne/serveuse qui est également une fan de P!nk.  Comme elle devait travailler à Boston pour la fin de semaine, elle nous a laissé les clés de son appartement.  Comme ça.  Sans poser davantage de questions.  Ça peut sembler étrange.  J’avoue que je ne me suis moi-même pas posé de questions.  On m’a beaucoup traité de naïf cet été, alors pourquoi ne pas poursuivre cet automne?  Un DVD d'un spectacle acheté facilement chez Target et une carte pour la modique somme de 15$ US en guise de cadeau.  That's it!
 
J'espère avoir la chance de revivre ce genre de voyage.  Non pas pour sauver de l'argent (quoique...), mais pour partager la vie.  La vraie.  Pay it forward.  Y a pas juste Starbucks qui y a pensé!

***

Je disais donc que Ricardo et moi avons visité la Nouvelle-Angleterre.  Un ressourcement à Ogunquit.  Initialement, c’était notre unique destination.  Bon ok.  Les outlets de Kittery aussi.  Quoi!?  Mais comme la vie arrange bien les choses, nous avons poursuivi nos découvertes.  Bien que la plage et le Marginal Way se laissent pleinement savourer peu importe la saison – surtout avec un thé une fois rendu à Perkins Cove, on fait rapidement le tour du village.  L’ambiance a son charme.  Les rues aussi.  La plage surtout.  Mais il faut également laisser une chance à Portsmouth.  Un village du New-Hampshire qui nous accueille les bras ouverts et les taxes fermées!  Un centre-ville typiquement américain avec ses trottoirs en pavé uni, ses lampadaires vieillots et son architecture anglaise.  De nombreux restaurants et cafés sillonnent la rue principale.  Foulard au cou et feuilles colorées au sol, on ne peut que ressentir l’énergie nous traverser…  Un latté à la main, le cœur en fête, tout est mis en place pour la détente!

Il en va de même pour Portland dans le Maine.  Après un détour aux Outlets de Freeport, Ricardo a proposé un arrêt dans cette ville qu’on qualifie de « Best Small Town for Foodies », de « Third most accepting city for GLBT ».  Mais ça, on ne le savait pas.  Capotant!  Se balader dans les rues près du bord de l’eau, parmi les nombreux restos offrant des menus variés, ça permet de prendre conscience de la diversité des différents états américains.  Nous y avons passé une soirée fort romantique ma fois, se tenant par la main dans un bistro suggéré par de gentilles baristas locales. 

L’automne me rend contemplatif…
 
Ah oui!  J'ai ajouté un album dans la section Photos. 

mercredi 21 août 2013

Fier t'es?

Fier je suis.

J'ai récemment participé à deux événements d'envergure.  Dans la même semaine.  À quelques jours dintervalle, mais aucun lien entre les deux.  Le dîner en blanc le jeudi.  La parade de la Fierté gaie le dimanche.  Et bien que les deux ont été pour  moi des moments de pur bonheur, je me pose aujourdhui des questions



Je passe brièvement sur le dîner en blanc.  Rencontre impromptue où gens désirent revivre, le temps d'un pique-nique mondain, une expérience dandy.  Tout y était blanc.  La nappe et les chaises.  Les assiettes.  Les souliers et les vêtements.  L'attitude aussi.  Ce rassemblement de 5200 convives a de quoi impressionner!

Je préfère davantage revenir sur le défilé.  Là, tout y était rouge: c'était le thème cette année.  J'y ai rencontré des amis, des connaissances et même des gens qui croisent mon chemin annuellement.  Sincèrement, je me suis beaucoup amusé, y compris au cours de cette semaine où j'ai pu assister à une conférence sur l'éducation, un spectacle de drags queens, un t-dance extérieur, une parade et j'en passe.  Tout ça, sans parler des balades que nous avons faites dans le Village, observant les gens qui visitent assidûment les lieux pendant ces célébrations annuelles.  Ils esquissent des sourires et partagent des bonjours, se tenant par la main ou riant entre amis sur les terrasses ou dans les bars ou les cafés.  Nul besoin de vous dire que ça m'a rendu heureux.  N'eut été des débats sur les lois russes qui puniront dorénavant toute manifestation d'Amour entre homosexuels, ce fut une semaine exemplaire.


Bref, je ne me suis pas questionné sur la nécessité d'un défilé.  Je n'ai pas non plus pensé que certains pourraient en être offusqués outre mesure.  Je ne me suis pas interdit de prendre Ricardo par la taille ni de l'embrasser discrètement.  J'ai fait "comme si" j'étais hétéro: je ne me suis pas posé de questions.  Par contre, j'ai hautement salué la présence d'une première ministre pour la première fois à un défilé.  De même pour de nombreux élus et personnages politiques.  J'ai souri (c’est peu dire!) aux danses brésiliennes exécutées à la perfection et au pick-up allégorique plutôt kitsch.  J'ai également apprécié la couverture médiatique le lendemain où on présentait, contrairement à ce que j'avais prédit, de modestes photos prises tout au long du trajet.  Je n'ai que passé un succinct commentaire sur le fait que la parade avait été plutôt sobre, qu'on y avait vu peu de voitures allégoriques mais beaucoup d'organismes communautaires.  Mais bon, nothing to write home about...

Puis, lundi soir, on m'a rappelé pourquoi il y avait une semaine de la fierté...  Alors que je lisais divers articles sur internet, je me suis attardé sur les commentaires ajoutés suite aux textes.  Des gens qui ne sont vraiment pas homophobes MAIS...  Des imbécillités profanées çà et là, rappelant au passage que nous n'avions  « pas à nous afficher comme ça », que « si des noirs faisaient pareillement on crierait au racisme », que nous serions « mieux de nous taire et d'apprécier les gains que nous avons faits comparativement à d'autres pays », « que les enfants de ces personnes-là seraient une classe à part et une autre parade ».  Celle-là, j'avoue que je l'ai moins comprise, mais le ton ne laissait rien présager de bien...


C'est également pour des cons comme eux qu'on fait des parades!  Parce que partout autour de moi, des couples hétéros, des enfants, des jeunes et des aînés portaient les couleurs de l'arc-en-ciel.  Parce que des hétéros, des enfants, des jeunes et des aînés marchaient dans la parade aussi.  Parce que dans le village, toutes ces gens affichaient un sourire et une joie de vivre.  Sincèrement, je ne me suis jamais questionné sur l'authenticité de leur acceptation.  Notez que j'ai sciemment choisi de ne pas dire tolérance.

Il ne m'est jamais venu à l'esprit que tant d'homophobes manifesteraient sous le couvert de l'anonymat (bien sûr) tant de haine refoulée.  Je suppose (à tort peut-être) que quelques-unes de ces mêmes gens sont eux-mêmes parents et qu'ils véhiculent de telles valeurs, consciemment ou inconsciemment.  Ils se proclament tolérants mais ont été les premiers à partager publiquement leur opinion diffamatoire  - parce quil faut sinscrire en passant pour commenter!  Pas vraiment ma définition de la tolérance

Le défilé permet aux organismes communautaires d'afficher leur couleurs, aux équipes sportives de démontrer qu'on peut s'épanouir socialement et physiquement, aux partis politiques de démontrer qu'ils appuient ce mouvement d'égalité, à la communauté de montrer qu'elle est fière de ce qu'elle est et de ce quelle a accompli, au-delà des jugements et des préjugés.

Reste à critiquer les (habituels) excès d'un tel événement, plutôt sobre, vous remémorais-je.  J'ai bien entendu croisé quelques chars allégoriques qui promulguaient le Sexe (avec un grand S et un gros Q).  Trois pour être exact.  Comme quoi le monde ne peut pas être parfait.  Il s’agit de Pfizer et son Viagra (pas exclusivement réservé aux gays à ma connaissance), Trojan et ses condoms (comme quoi la protection ne doit pas être qu’hétérosexuelle).  Et TD.  Oui, la Banque.  Des twinks en shorts moulants, sans camisole, huilés à fond se déhanchant lascivement sur la plateforme musicale de loin la plus exubérante.  Drôle comme ceux qui ont poussé à l’extrême la présentation de leur produit ne sont pas spontanément associé à la communauté gaie…  Auraient-ils une mauvaise perception?  Et nos cons initiaux, s’ils prenaient le temps d’apprendre à connaître?

C'est quand on ignore qu'on hait...

dimanche 18 août 2013

Let's have a kiki!

Au cours des prochains jours, je me réserve du temps pour faire un retour sur les célébrations de la Fierté gaie.  En attendant, je vous propose ce vidéo des Scissor Sisters qui résume très bien la T-Dance d'hier soir sur la place Émilie-Gamelin!  Have fun!


jeudi 15 août 2013

La toune de l'été

I'm going out on a limb here...  Je sais que vous me lisez en très grand nombre (quoi!?), mais vous ne commentez pas autant.  Mis à  part les commentaires (tellement appréciés) de Céline, Mario, Guylaine et Magali, vous préférez garder vos écrits pour vous.  Soit.  Voici une chance unique de sortir de cette bulle!

C'est l'été.  Les vacances.  Le soleil resplendit et les rencontres entre amis se multiplient.  Question de garder la légèreté du moment et de surtout la savourer avant le retour de la routine automnale, j'aimerais bien connaître la chanson qui a pimenté votre été.  Qu'elle soit actuelle ou vieillotte, la musique agrémente notre vie et agit comme une trame émotive.

Pour ma part, je vous confirme que trois chansons meublent mes pensées depuis juin dernier.  J'hésite à en choisir une, car elle n'ont pas la même signification.  L'une a une profondeur inouïe malgré sa superficialité apparente.  Une autre me fait danser.  La dernière est empreinte de nostalgie.  Laquelle voulez-vous connaître d'abord?  Now, if that doesn't get you writing, I don't know what will!

**  Je publierai la même question sur Facebook mais j'aimerais bien connaître la réponse ici!

S'aimer publiquement en public (c'est voulu!)

En pleine semaine de la Fierté, les questions habituelles resurgissent...  Devrait-on dire qu'on est gay quand on est prof?  Jusqu'où peut-on démontrer de l'affection en public?  Faut-il nécessairement militer pour la reconnaissance des droits, coûte que coûte?  Doit-on "outer" les célébrités (ça se fait, mes amis...) pour qu'à leur tour, ils ou elles défendent notre cause?  So many questions, so many answers...

Pour ma part, je ne pousserai pas la réflexion trop loin aujourd'hui.  Certaines de ces questions méritent un débat plus approfondi et, surtout, mérite de mieux connaître les deux côtés de la médaille.  L'une d'entre elle, par contre, me tracasse davantage.  Elle porte sur la manifestation de nos sentiments en public...

Vous n'êtes pas sans savoir que je suis en Amour.  À nouveau.  Publiquement, j'ai vécu mes trois relations fort différemment.  La première, dans le Grand Nord québécois, de façon totalement isolée.  Et je ne parle pas de distance ici.  Le milieu n'était pas favorable à une telle ouverture.  Pour la seconde, mon copain était plus ouvert que moi.  Je pense qu'il m'aurait pris la main pour marcher si je n'avais pas été si réticent.  Ça n'avait rien à voir avec lui, remarquez.  Je craignais plutôt de tomber face à face avec un élève, un parent d'élève, un ancien élève.  Bref, ça ne m'élève pas au plus haut niveau, je sais...

À l'aube des quatre mois de ma nouvelle relation, je me sens complètement différent.  J'ai sans cesse besoin de l'avoir près de moi, de lui tenir la main, de le prendre par la taille, de lui voler des becs.  Rien de déplacé, notez.  Juste ce qu'un couple normal ferait...

Et j'ai choisi le mot!  Pour vous provoquer.  Bien loin de penser que nos couples ne sont pas normaux.  Hier soir, nous étions attablés dans un chic resto sushis de l'est de Montréal.  Six gays.  On ne pouvait pas nous manquer.  Non pas que nous portions des fringues extravagantes ou affichions des attitudes efféminées (Ça reste à définir - et à prouver!).  Il s'agit plutôt de simples gestes posés tout au long du repas, comme nos accolades et nos embrassades à notre arrivée, notre façon d'être affectueux au delà de ce que les hommes font habituellement.  Et le fait que Ricardo et moi étions soudés par nos caresses subtiles, nos mains entrelacées et nos baisers occasionnels.

Mais je ne vous écris pas ceci pour vous relater ma vie personnelle ou amoureuse.  Je souhaite simplement vous faire réfléchir à notre réalité.  Je suis tout à fait conscient des avancés légales et idéologiques de notre province et notre pays.  Surtout lorsqu'on pense à tout ce qui se passe en Russie actuellement.  Je ne vous écris pas non plus pour provoquer un débat.  Ni pour vous culpabiliser.  Je prends tout simplement un moment pour qu'on puisse s'arrêter et y réfléchir.  Question qu'on prenne conscience de nos progrès et de ce qu'il nous reste à accomplir.

Parce qu'on ne se pose pas forcément ces questions quand on est straight...