Après une autre journée plutôt calme à classifier mes photos
et à préparer de futures expéditions urbaines, je me suis dirigé vers Berger
Park à quelques mètres de l’appart. C’est
fou à quel point je n’avais pas réalisé la proximité du lac…
Berger Park
Là, j’y ai rencontré un
couple octogénaire qui s’est joint à moi sur un banc de parc. Lui était plus volubile qu’elle et en moins
de cinq, je savais qu’il avait deux enfants, une fille et un garçon ayant eux
aussi une fille et un garçon chacun.
Vivant à des extrémités du pays (elle en Californie et lui au Michigan),
ils les voient quelques fois par années.
Tous sont médecins. Incluant les
conjoints. Ils ont immigré de l’Iran en
1971 et ont d’abord voulu s’installer en Californie à cause du climat. Mais il n’a pas réussi son examen. À quatre reprises. C’est sa femme qui l’a souligné. À quatre reprises aussi. N’allez pas croire qu’ils ne s’aiment pas,
par contre. 49 ans mariés. Il l’a rencontré juste avant son départ pour
la guerre. Ses parents lui ont demandé
si elle était riche. Oui. Si elle était éduquée. Oui.
Si sa famille était importante.
Oui. Alors ils ont convolé en
juste noces un mois après leur rencontre.
Quatre selon elle. Ils vivent à
Chicago depuis leur arrivée au pays.
Elle déteste mais il est trop tard pour retourner en Californie où sa
famille vit aujourd’hui. À quoi
bon? Ils ont un luxueux appartement
ici. Trois chambres à coucher. 20e étage. Sécurité 24 heures sur 24 avec un garde du
côté lac. Après avoir eu à expliquer
pourquoi j’étais seul ici, pourquoi j’avais un jonc, un tatou et deux boucles d’oreilles,
ils m’ont finalement offert ses quatre règles pour trouver l’âme sœur. Je m’empresse de les partager avec vous…
1-Il faut d’abord sentir quelque chose dans son cœur. Une énergie.
2-Sa famille est importante.
3-Son éducation est importante.
4-Elle doit avoir beaucoup d’argent. (Au fait, c’est le numéro 1 mais c’est mieux
de le dire en dernier).
5-Il doit avoir beaucoup d’argent.
6-Il doit avoir un certain charme physique.
7-Ah! Oui!
Il doit avoir une belle personnalité. (Au fait, c’est le plus important. Avec l’argent, bien sûr).
Voilà les quatre règles d’or. Et qui sommes-nous pour juger après 49 ans de
mariage?
***
J’ai terminé ma marche en me gâtant dans une crémerie tout
près. Un « Peanut Butter Concrete ».
Concretement, j’ai gagné une
livre! Mais c’était délicieux…
Aujourd'hui, je vous emmène avec moi par le biais de photos... J'ai également ajouté un lien dans l'onglet "Photos" pour que vous ayez accès directement à l'ensemble des clichés pris au cours de ce voyage. Bon visionnement!
Feux d'artifices du Fourth of July
(Ils ont lieu partout en ville. Dans le sens de partout: même dans les rues!)
Cloud Gate - Mieux connu sous le nom de "The Bean"
Il faut se l’avouer, des vacances, c’est fait pour se reposer. Chose dite, chose faite. Je me suis couché plutôt tard hier soir et j’ai décidé que je ferais la grasse matinée ce matin. Ce n’est que vers 9h30 que j’ai décidé de chevaucher un vélo jusqu’au supermarché pour me procurer du sirop d’érable question d’agrémenter les pains dorés que je souhaitais cuisiner à mon retour. Le calme des rues au lendemain des festives célébrations des multiples artificiers – professionels et amateurs – me détend. Déjeuner au son de musique classique et des oiseaux qui chantent rend ce gargatuesque repas enhivrant...
Après avoir lu les quotidiens gratuits de la ville et répondu à la horde de courriels et de messages Facebook, Diane – dont l’oncle et la tante possède l’hôtel Talbott ici même à Chicago, m’a ordonné de cesser de lambiner et de profiter de la vi(ll)e. J’ai obtempéré, non sans avoir préalablement power nappé sur le divan du salon...
Comme un des buts de ces voyages est de découvrir la vie locale au-delà des lieux touristiques qui ont, bien entendu, leur place, je me suis dirigé vers un bar du coin. 1$US la draft de Budweiser et des hot-dogs gratuits facilitent le déplacement, remarquez! Sur place, j’ai d’abord rencontré Jorge, un américain d’orginie cubano-nicaraguaéintais (Oh! Does that remind you of a conversation we had, Chantal, Guylaine and Guillaume!?) exilé de Miami depuis cinq ans. Nous avons discuté États-Unis et perception. Curieusement, il m’a posé une question que je m’étais moi-même posé cette semaine : comment les gens de l’extérieur perçoivent-ils les américains. La discussion fut fort intéressante et j’ai pu en apprendre davantage sur les raisons de quitter une ville qu’on aime pour relever de nouveaux défis.
Par la suite, j’ai rencontré Éric, directeur général d’une compagnie offrant des solutions pour le système de santé personnel. À 51 ans, il s’exprime comme un jeune de 30 ans, gaieté au coeur. Lorsque je lui apprends que je me nomme Daniel, il s’empresse de me montrer les photos de son fils, son Daniel, qui vit en Indiana. Sa fille, elle, demeure au Michigan. Depuis deux jours, il vit seul, séparé d’une relation qui a duré neuf ans... Il m’a suggéré de voir la fontaine Buckingham dans Grant Park. Mélanie et Joël seront sûrement heureux d’apprendre que le festival Taste of Chicago aura lieu lorsqu’ils seront ici...
Je me suis donc rendu au Millénium Park ce soir pour voir la fameuse bine, Cloud Gate de son vrai nom. Plutôt intéressant comme objet. On se confond rapidement dans la foule et on prend immanquablement une photo de soi qui prend une photo de soi! Question de garder la forme, je me suis rendu à vélo jusqu’au Talbott Hotel pour prendre quelques photos pour Diane puis ce sera le retour à la maison après m’être désaltéré dans un des seuls Starbuck ouvert aujourd’hui...
Je mettrai les autres photos en ligne au cours de la journée de demain, iPad oblige...
Voilà! J’ai quitté
Montréal moins de 24 heures après avoir
débuté les vacances. Rangé les pupitres,
nettoyé les tableaux. Ôté les affiches,
Commandé les photocopies. Ne restait que
terminer les bagages à la maison.
S’assurer d’avoir tout mis dans les valises pour ce voyage d’un
mois. Rien n’est essentiel,
remarquez. La ville se tue à nous vendre
tout ce qui nous manque…
Puis, il subsistait les préparatifs de Gisèle, ma fidèle
Fiat. Contrairement à ce que plusieurs
croient, elle loge une quantité intéressante de bagages et, fait encore plus
important, offre un confort plus qu’adéquat.
Vitres teintées, sièges moulants, musique enveloppante. Il faut s’entende, car on passera deux
journées remplies sur la route.
Je ne prévoyais d’ailleurs pas me rendre à destination en
une seule journée. D’abord, il faut
mettre 14 heures, arrêts non compris. De
plus, je souhaite profiter de mes vacances.
Le rush qu’on vit tout au long
de l’année scolaire n’a pas sa place ici.
Après avoir tourné la clé du moteur pour parcourir les premiers
kilomètres, j’ai agrémenté le moment par une vieille toute de Mélissa
Etheridge, All the Way to Heaven,
question de me rappeler l’essentiel du voyage.
On franchit assez rapidement la frontière de l’Ontario et ça
suffit déjà pour se sentir ailleurs.
Cette route, je la connais peu et elle se laisse découvrir, les nids de
poule en moins. Ce n’est qu’en
s’approchant de Toronto qu’il faut ralentir, peu importe l’heure du jour je
crois. Cinq voies express, cinq voies locales,
toutes deux bloquées à des endroits similaires ou différents. Mais en crinquant le volume à fond d’une
liste de Spotify que j’avais préparée, le temps passe plus vite… Deux heures plus tard, London. Charmante ville selon mes brefs constats. L’architecture s’inspire de la
Grande-Bretagne – faisant surement allusion à son nom identique.
J’avais préalablement réservé une chambre au coût de 39$, ce
qui m’a valu quelques remontrances de mon père, croyant qu’il s’agirait d’un
endroit miteux… Plutôt mythique! Guest House on the Mount est une ancienne résidence pour religieuses convertie en
hôpital converti en auberge. Chaque
chambre possède un balcon extérieur partagé avec trois autres chambres. La vue de la rivière Thames augmente le
sentiment de sérénité qu’on ressent en mettant les pieds sur les lieux. Ma chambre contenait un lit simple, un bureau
et une télévision câblée. Les toilettes
communes sont à l’étage, quelques mètres plus loin. On a facilement accès à la cuisine toute
équipée, à l’immense salle à manger aux longues tables boisées et au salon
commun. Le lit était douillet à souhait,
la nuit, trop courte et la propreté, exemplaire.
Pour traverser la frontière, j’ai opté pour la ville de Sarnia
puisque Ricardo et moi reviendrons sûrement par Détroit. Comme nous étions le 1er juillet,
on y trouvait un achalandage plus volumineux mais respectable : 25 minutes
pour enjamber le pont (3,50$) et attendre dans la file Nexus. La route jusqu’à Chicago, bien qu’encore
longue (environ 5 heures), demande une plus intense concentration, la circulation
y étant plus dense.
J’avais prévu un arrêt aux Michigan City Outlets, à quelques kilomètres de la frontière du
Michigan et de l’Indiana. La saison est
propice (ne l’est-elle toujours pas!) aux ventes étant donné le Fourth of July. Je me suis procuré des Adidas pour 25$ et un
gaminet pour 4$. Tiens-toi! La lune se faisant plus présente, j’ai entré
les données de mon appartement à Chicago dans mon vieux GPS. Une heure trente sans anicroches.
Un des nombreux bunnies qui circulent dans le coin et qui m'a accueilli!
Dès que j’ai vu les gratte-ciel du centre-ville de la Windy City, j’ai senti un
apaisement. Je m’attendais à demeurer
indifférent à cette ville. Rouler à 21h
le long de la plage, croiser des cyclistes et des joggeurs, se laisser envahir
par un calme urbain, ça n’a pas de prix.
C’en était fait, je tombais amoureux…
Mon quartier charme dès qu’on prend le temps de le
découvrir. Cafés, marchés, pizzerias,
bars : tout y est. Je n’ai pas le
temps de me rendre au coin de rue et je reçois déjà des sourires et des
bonjours des locaux. On m’aborde pour me
dire que j’ai l’air joyeux ou tout simplement parce que je regardais une
fontaine un peu trop longtemps! Et je
repars en souriant! Puis, j’entre au Cafe Metropolis question de faire le plein pour mes lattés maison (faut économiser
quelque part, non!?)… Un barista sent mon hésitation et vient spontanément me
voir. « Can I help you? ». Je
cherche la meilleure torréfaction pour l’occasion. Il me suggère la mouture Redline (en hommage à la « L’ » pour « Elevated » - le métro qui passe au
coin de la rue) sans dénigrer la Spice Island. Ah! Et puis bon : il m’offre
gratuitement la seconde question que je puisse faire un choix éclairé au cours
des prochains jours! Now that’s sympathique, non?
J’ai profité du reste de la journée pour aller me procurer
ma clé Divvy – le système de vélo-partage de la ville. 55$US pour un an. Mais ça me permettra d’économiser sur le
transport en commun (100$US pour un mois) et de me garder en forme. De plus, je pourrai visiter la ville de façon
plus flexible.
Hier, le 3 juillet, je suis allé au Fashion Outlets of Chicago où je me suis procuré des Converse pour la modique somme de 15$US. Sans compter le fait qu’on y a ajouté les
« comfort soles ». Aaahhh!
Les dommages collatéraux des achats s’élèvent à moins de 40$US! Shocking,
I know! Après un bref arrêt au
Walmart, au Target et au Fresh Foods pour faire l’épicerie, je suis revenu à la
maison pour profiter du calme des lieux.
Aujourd’hui, c’est Independance
day. Les Américains sont presque
tous en congé et ils se prélassent sur les plages du lac Michigan. Divins!
Les boys, en tout cas!
Dé-li-cieux! Rien à voir avec les
mecs de Boston! Même les moins mignons
sont craquants! Et tout le monde est gay
(ici aussi!). J’ai pédalé (sans jeu de
mots ici) une quinzaine de kilomètres.
J’ai donc visité Boystown à pieds, le centre de méditation et le Lake
Front. En Divvy, tout prend une autre
tournure : les odeurs des BBQ, les familles qui se bidonnent, les amis qui
jouent au soccer. Bref, on est en
vacances!
Je suis à Chicago depuis un peu plus de 48 heures et j’aime
déjà beaucoup. Après une agréable année
d’enseignement, ça fait du bien de vivre le dépaysement urbain. L’appartement est mon havre de pays et les
lieux se laissent découvrir avec une facilité déconcertante. Et je n’ai pas encore vue la bine!
Bon. Je vais souper
puis j’irai voir les feux d’artifices.
C’est dur, être en vacances!