mercredi 4 mars 2015

Baliverne versus Groenland

Suite à l'article paru dans La Presse en février dernier - PKP crée un malaise au cours d'un concert

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L’imbécilité ne se limite pas qu’aux gens au pouvoir, bien entendu (voir l’article d’hier).  Les prétendants au titre cherchent leurs propres moments de gloire eux aussi.  C’est ainsi qu’au début février dernier, un inculte a invectivé non pas une, non pas deux, non pas trois mais bien quatre fois la chanteuse du groupe Groenland!  Tapis confortablement dans une salle de spectacle de Rouyn en Abitibi, Pierre-Karl Péladeau (l’inculte en question, candidat à la chefferie du Parti Québécois, dois-je vous le rappeler) s’est esclaffé « En français, s.v.p.! » croyant peut-être qu’on obtempérerait de la sorte.  À en faire frémir même Sugar Sammy…


Now… Don’t get me wrong…  D’une part, je ne prône ni le séparatisme, ni le fédéralisme (ni l’ignorantisme for all it matters), et je tiens à ma langue maternelle.  Ses subtilités nous font parfois rager mais reste que dans ses méandres poétiques se dégage une chaleur enivrante et une riche culture, bien au-delà et grâce à ses accents.  D’autre part, je parle fièrement l’anglais.  Non pas parce que c’est la langue de la business, ou que nous sommes encerclés géographiquement par des anglophones ou encore qu’il faille l’utiliser lorsqu’on voyage.  Plus que tout ça.  Elle me donne d’autres possibilités.  Un point, c’est tout.  Je suppose que Groenland cajole aussi  ses propres raisons pour aimer cette langue.  Qui sommes-nous pour juger?  Sabrina, Jean-Vivier, Ariane, Jonathan, Gabrielle et Simon – Groenland - méritent toute mon admiration, ayant su s’élever au-dessus de tout ce tapage médiatique en restant polis et professionnels, en s’adressant au public en français entre les chansons, en n’alimentant pas inutilement un futile débat sans réel but et en continuant de nous divertir, la tête haute, québécois qu’ils sont, dans la langue de Shakespeare. 

Par contre, l’intervention péladesque (néologisme fusionnant Péladeau et grotesque) montre le manque de savoir-vivre et de culture flagrants de ce prétentieux prétendant à la chefferie.  Faudra-il demander à Elisapie Isaac, une québécoise d’origine inuite, de chanter uniquement en français à partir d’aujourd’hui?  Faudra t-il dorénavant imposer la seule interprétation de chansons françaises (je ne risque plus « québécoises » à présent) aux concurrents de « La Voix » produite par Québécor?  Forcera t-il son amie Céliiiinnnne à ne chanter qu’en français au Centre Bell et à retirer « Ne me quitte pas » de son répertoire Las Végien, question de sauvegarder la langue de nos voisins?  Tant qu’à y être, limitera t-il l’exportation du succès des Arcades Fire, Marc-André Grondin, Marie-Mai, Karine Vanasse de ce monde?

Si connaître l’ensemble de la discographie du groupe Groenland ne constituait pas un pré-requis pour assister à l’événement, en connaître l’esprit, lui, l’était : un rassemblement de trois groupes anglophones lors du Festival des musiques émergeantes.  En profiter pour mousser sa campagne ne passe pas.  Chahuter, encore moins!  C’est irrespectueux et stérile.  Mes propres élèves pré adolescents ne s’abaissent pas à ce niveau, étant déjà en mesure, à leur âge, de comprendre les rudiments de la politesse.  Si Pierre-Karl n’obéissait bêtement qu’à son porte-parole Monsieur De Blois, on ne veut pas d’un suiveux comme lui à la tête d’un gouvernement.  S’il a agit de son propre chef, encore moins. 

Mais bon.  Je préfère maintenant vous présenter ce fameux groupe que j’ai découvert bien avant ces événements.  Sur scène, ils dégagent une chimie palpable.  Leur musique enivre les sens.  Le genre diffère de ce à quoi on est habitué.  « Daydreaming » a déjà agrémenté la trame sonore du film mexicain Cutro Lunas et de l’émission télévisuelle américaine The Good Wife pendant que « The Chase »  a valorisé une publicité de British Airways.  Récemment, Apple a promu son nouvel iPad en grande pompe lors de la cérémonie des Grammys, jumelant habilement « Our Hearts Like Gold » à la voix de nul autre que Martin Scorsese.  Put that in your pipe, Mr Péladeau!  Ou en français : Peut-être dans ta tête, Mystère Péladeau!




 Daydreaming, Groenland

Visitez leur site internet: www.groenlandband.com

Et ne vous arrêtez pas là!  Écoutez aussi :
-        Our Last Shot 
-        26 Septembre (oui, un titre français)
-        Immune
-        The Things I’ve done
-        Our Hearts Like Gold (la toune Apple)
-        The Chase (à la Mario Bros!)

mardi 3 mars 2015

Ras le Bol... duc!

Je sais.  La blague sent le réchauffé.  Mais il a gaffé plus d’une fois lui aussi!



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On dira ce qu’on veut, la démission d’Yves Bolduc représente un bon départ - comme dans « Bye! » ET « un, deux, trois, go hom(m)e! » - dans le paysage politique québécois.  Non pas qu’on doive aimer tous nos politiciens ou même être entièrement d’accord avec eux.  Souvenons-nous que nous les avons élus et que, par le fait même, ils nous représentent.  Mais malgré les anicroches, demeurent certaines bourdes impardonnables.  Affirmer que les élèves ne mourront pas d’une coupure budgétaire dans l’achats de livres pour nos bibliothèques scolaires, permettre les fouilles à nu en suivant une certaine éthique discutable et accepter une prime de départ de plus de 150 000$ alors qu’on aura un emploi dès le lendemain ne totalisent là que quelques-unes des nombreuses bévues de notre ex sinistre.

Mais faisons-nous l’avocat du diable pour démontrer notre objectivité…  De prime abord (aucun jeu de mot intentionnel ici), celle qui lui sera versée n’est en quelque sorte ni illégale ni si offusquante.  Pensez-y bien.  Quitteriez-vous un emploi valorisé, renonçant par le fait même à un certain statut social prestigieux, pour faire le sot en politique?  Ce n’est pas n’importe quel deux de pique qui peut y prétendre (quoiqu’ici, l’exception tend à prouver la règle).  Il faut un certain guts, un niveau d’éducation respectable et un côté masochiste indéniable.  Tout ça, plus souvent qu’autrement, pour un salaire souvent moindre.  Donc on plonge, on buche, on se dévoue à la cause.  Être politichien n’est pas un job « nine to five » (what a way to make a living!).  Le Blackberry s’émoustille plus souvent qu’un vibrateur (jouissances en moins), les réunions s’organisent à tout moment et les crises (et leurs gestions) demandent un temps phénoménal.  Les 80 000$ gagnés en moyenne par année figurent bien au-dessus des bidous quémandés par la moyenne canadienne, soit, mais sachez-les amplement mérités, aucune ironie jusqu’ici…

Où cette dernière apparaît, c’est lorsqu’on octroie un montant de départ en fonction d’un calcul mathématique quelconque qui donne droit à un certain pourcentage de doléances.  D’accord pour l’ancien directeur d’une entreprise qui a tout laissé de côté pour servir avec dévotion pendant quatre, huit ou même douze années son pays ou sa province (selon votre allégeance, impartialité exige) et pour qui la situation professionnelle a complètement changé – voire devenue difficilement rattrapable.  À titre d’exemple, je connais un député qui a choisi de représenter son compté huit années durant.  Propriétaire de quelques commerces à l’échelle locale, il a dû les vendre pour s’investir dans ses nouvelles fonctions.  Aujourd’hui, élections perdues, il peine à se relancer et cette prime lui permet de se remettre sur pied pendant qu’il s’ajuste à sa nouvelle réalité.  Un juste retour d’ascenseur selon moi, quoique vous pouvez objecter.  Et il ne s’agit ici ni de 155 000$, ni d’un médecin.

C’est à ce moment que notre gentil gouvernement s’évertue à promouvoir au stupide peuple (100% ironique, suis-je ici, dans les deux évocations) qu’il faille abolir cette prime, austérité oblige.  Ah oui?!  Guess what, Couillard et non moins trouillard Legault!  Ce n’est pas en abolissant une prime de départ ET en augmentant plutôt de 41% votre salaire que nous allons revenir à l’équilibre budgétaire!  125 députés gagnant 41% de plus par année surpasse largement une prime de départ, chers comptables.  Si vous méritez pleinement cette louable hausse de salaire que vous allez vous accorder, comment pouvez-vous justifier la baisse de salaire de 6% sur quatre ans imposée aux enseignants (je fais fi ici du secteur public, lui aussi écorché, livrant ses propres luttes face à ce sadisme soit disant nécessaire)?  Parce que messieurs (et mesdames - ne refoulant aucune misogynie face à la stupidité politique), si vous faites le calcul et que vous augmentez l’équivalent de trois semaines et demie par année notre temps de travail tel que proposé dans le dépôt patronal, que vous augmentez notre salaire de 1% seules les deux dernières années de la dite convention ne suivant ainsi même pas l’augmentation du coût de la vie, nous aurons effectivement une baisse salariale.  Et je passe les 175 annotations en lien avec l’augmentation des ratios, les pénalités encourues lors de la retraite (pendant que vous ne payez que 20% de votre fond de pension, pingres hypocrites) et les coupures dans les services aux élèves.  Maudit!  Savez-vous vivre?  Êtes-vous conscients de l’image que vous propagez?  Vrai qu’être l’élite de la société vous est monté à la tête.  Une bulle au cerveau, devrais-je correctement dire en jargon médical à vous, éminents médecins de mon culturalisme, encore faudrait-il que vous en ayez (un cerveau, je précise, pas une bulle, que vous possédez inéluctablement pour être réputés y vivre).

À rebrousse-poil, je coopérerai à ce déficit économique.  Pas au déficit social.  À la hauteur de mes moyens.  Je me serrerai les coudes au nom des erreurs passées et pour le bien des générations futures.  Mais n’exagérez pas, chers Bol, duc à brevet, Couillard de la veste et L’égo surdimensionné.  Ce sont des gens comme vous qui nous font haïr nos gouvernements et leurs représentants...  Vous tenez un discours avilissant envers vos électeurs…

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Les postulats présentés dans cette publication proviennent de divers articles parus dans le quotidien La Presse au cours des dernières semaines (my God!  That’s a lot of pees).  Si, par exemple et par erreur, l’augmentation souhaitée ne totalisait que 20%, veuillez m’excuser à l’avance pour cette fourberie involontaire.  Je déteste commettre des erreurs journalistiques lorsque je rédige des articles que je souhaite hautement objectifs et je ne voudrais en aucun cas vous berner face aux informations rapportées.  D’autres s’en charge allègrement dans l’exercice de leurs fonctions.

jeudi 1 janvier 2015

Trois nouvelles...


Trois nouvelles...  Dans l'ordre.

Les premières heures de 2015 sont entamées et c'est avec beaucoup de bonheur que je vous transmets mes sincères vœux pour cette nouvelle année.  Qu'elle soit remplie de magiques moments mémorables (mmm!), à la hauteur de vos attentes.  Il va de soit que la santé est ce que je vous souhaite en premier, cliché réaliste le voulant.  J'ajoute le calme et le bonheur.  Dans un monde où tout défile à 300 km/h, où on se tue pour des croyances barbares qui contreviennent à mes yeux aux propres croyances des malfrats les commettant, où on se targe de penser à la population alors qu'on fait tout pour lui nuire, où l'écart entre les riches et les pauvres s'accentue au fil des jours, je vous propose de prendre quotidiennement des temps d'arrêt pour profiter de chaque moment.  On ne se laisse plus facilement charmer par des situations anodines qui valent parfois leur pesant d'or.  Dans ces va-et-vient quotidiens, j'espère que nous saurons apprécier la vie, quels que soient les défis qu'elle nous donne...  J'ai eu l'honneur de partager les premiers instants avec des gens de plusieurs coins du globe, qui se sont arrêtés pour se souhaiter de vrais objectifs.  Leurs traditions m'ont permis de mieux comprendre l'importance des résolutions qui ne sont, à mes yeux, que des désirs et des rêves vers lesquels ils faut tendre en prenant soin d'apprécier la route qui nous y mène.  Merci Ricardo, Adriana et Jimmy, Tito et Denis, Bibianna, Kotty et sa maman péruvienne, ainsi que Luisa et Laura qui se marieront samedi après 18 années de vie commune!

Depuis les dernières heures de 2014, je ne suis plus en couple avec un Mexicain...  En effet, en fin d'avant-midi le 31 décembre, Ricardo a obtenu sa citoyenneté canadienne!  Tout s'est fait tellement rapidement ce jour là!  L'examen, l'entrevue, les résultats, l'assermentation!  On ne réalise pas à quel point c'est exigeant comme démarche.  C'est souhaitable dans un certain sens, car on souhaite que ces gens comprennent la famille à qui ils se joignent.  C'est également émouvant parce que c'est l'aboutissement d'une longue démarche qui a eu ses hauts et ses bas...  Lors de la cérémonie (très) officielle, chaque nouveau citoyen reçoit une lettre signée par le Premier Ministre.  En en lisant les quelques lignes, j'ai constaté, ému, à quel point nous sommes privilégiés de vivre ici.  Oui, nous sommes un pays démocratique, mais le but n'est pas de parler de politique.  Nous avons notre propre culture, reconnue mondialement.  Nous sommes ouverts, tolérants, idéologiques, créatifs, pacifiques et bien d'autres.  Au quotidien, ça change tout.  Ça affecte nos relations avec les autres et avec le monde entier.  Ce n'est pas peu dire.  Alors, bienvenue mon MexiCanadiense préféré!  Je suis fier de toi.  Ton âme est ta plus grande richesse et si toi tu es maintenant fier d'être Canadien, sache que le Canada sera tout aussi fier de te compter parmi les siens.  Je t'aime.  Tu me fais grandir!

Finalement, je fus un peu estomaqué à la lecture de l'article sur les nombreuses hausses de tarifs en vigueur depuis ce matin (cliquez l'icône LaPresse.ca pour en prendre connaissance).  Je ne ferai que souligner l’insouciance de notre gouvernement qui, bien qu'il ait été élu pour redonner une santé financière à notre province, s'acharne encore une fois sur l'éducation.  À chaque négociation depuis 1980, il s'approprie la situation économique pour justifier les coupures dans nos salaires et conditions.  Et coupure est le bon terme.  L'augmentation salariale qu'il propose (gel sur deux ans puis 1% par année pendant trois ans) conjointement avec l'augmentation des heures de travail (3 heures par semaines donc trois semaines et demie annuellement) correspondent au bas mot à une diminution salariale de 6% en 5 ans.  En bref, un enseignant sera payé de 4 à 10$/heure de moins dans 5 ans.  Et on continue d'augmenter le coût de la vie...  Faites le calcul.

Sur ce, je vous laisse profiter de cette neige qui tombe et qui féérise notre paysage urbain.  Nous avons des amis mexicains en visite qui pourront découvrir (enfin!) l'hiver comme il se doit!

dimanche 21 décembre 2014

Donner sans compter

Assis paisiblement un dimanche après-midi dans un Starbucks loin de mon quartier, je profite de ce début de vacances pour réfléchir aux dernières semaines.  Le temps des fêtes est un moment propice aux célébrations et aux introspections.  Je constate avec une certaine joie qu’il y a davantage de positif dans mon quotidien que de moments désagréables.  De toute façon, suffisamment de gens s’occupent de souligner les incommensurables bêtises Yves-Bolducquiennes de ce monde.  J’aurai l’occasion bientôt d’ajouter mon propre grain de sel, promis!

Centrons-nous donc sur l’agréable!  Chaque année avec nos groupes, Chantal et moi avons l’occasion de partager des moments de plaisir avec des montréalais.  Vous n’êtes pas sans savoir que nous visitons ce que nous appelons le Montréal souterrain depuis maintenant près de 5 ans.  Il s’agit d’une visite de lieux urbains (mé)connus de notre ville intérieure.  Les enfants et quelques généreux parents accompagnateurs ont l’occasion de découvrir le Centre Bell, la gare Windsor, la Place Bonaventure, le 1000 de la Gauchetière et sa patinoire intérieure, la gare centrale, l’Hotel Reine-Elisabeth (Give Peace a Chance!), la Place Ville-Marie, Ogilvy, la rue Ste-Catherine, le métro et une panoplie d’autres endroits tous aussi diversifiés les uns que les autres.  À travers un rallye en anglais, ils découvrent ces lieux.  Cette année, nous avons même ajouté une balade en train sur la ligne AMT de Mascouche qui venait d’être mise en service à peine quelques jours auparavant.  Un chaaarrmmme!

Qui dit temps des fêtes dit partage.  Nous proposons donc aux enfants d’offrir de la joie et du bonheur en organisant quelques flashmobs ça et là au courant de notre sortie.  Nous chantons donc cinq chants de Noël pour faire sourire les gens.  Cette année, nous avons même eu droit à une spectatrice qui a fréquenté notre école auparavant!  Je partage donc à mon tour ce moment avec vous, filmé par un pur inconnu et mis en ligne par la suite sur Youtube!

Flashmob devant Ogilvy, décembre 2014 

Hier matin, je lisais un article dans La Presse.  Ô combien plus joyeux cette fois!  Une amie que j’apprécie bien et qui fréquente Musifit comme moi (mon école de zumba) prouve une fois de plus tout le plaisir que nous éprouvons avec nos jeunes.  Je n’ai pas eu l’occasion de lui parler encore, mais vous constaterez en lisant l’article qu’elle a organisé une distribution de cadeaux pour des élèves de son école, défavorisée au même titre que nous.  L’investissement personnel que ceci implique va au-delà de ce que vous pouvez imaginer puisque chaque élève a reçu le cadeau qu’il voulait!  Je n’ai pu m’empêcher de sourire et d’être fier!  Tant qu’il y aura des personnes comme elle, comme plusieurs autres enseignants, comme ces parents impliqués, the World will be a better place!  Merci Fanny!  Allez!  Cliquez!  Allez sourire!

Un cadeau pour chaque élève, par Louise Leduc


Joyeuses Fêtes en attendant!

dimanche 14 décembre 2014

Les douze jours (de congé de maladie) de Noël

Hier matin, bien étendu dans le lit, je lisais cet article dans La Presse+. Pas besoin de vous dire que je n'ai plus dormi.





Ne vous inquiétez pas: je suis zen. 6 mois (et 12 jours de congés de maladie) de vacances, ça replace un esprit! Je sais, je n'ai pas écrit depuis longtemps. Ce n'est pas par manque d'intérêt ou de temps. Simplement la vie qui se laisse découvrir. Si j'ai choisi de reprendre la plume, c'est que je tiens plus que jamais à avoir du plaisir au travail. J'en ai comme jamais, ayant une collègue en or et des élèves qui me font redécouvrir les joies de l'enseignement. J'ai choisi de m'investir pour eux. Je ne compte jamais mon temps si je choisis de le faire par moi-même. J'essaie de découvrir le positif dans chaque tâche et, croyez-le ou non, ça marche!

Mais je n'accepterai pas qu'on véhicule des faussetés. Je sais, c'est sûrement un investissement vain. Mais ça m'a permis de revenir blogger! Comme quoi chaque médaille a son revers!


Voici donc le texte que j'ai courriellé à Denis Lessard à La Presse.


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Bonjour Monsieur Lessard,


Je me présente. Daniel S. Cyr. J'enseigne au primaire depuis maintenant 20 ans. On ne se connaît pas, bien entendu et, de mon côté, je ne pourrais affirmer avoir déjà lu vos articles. Rien de grave, n'en soyez pas offusqué. Mais aujourd'hui, je retiens votre nom, étant l'un des premiers à écrire sur les futures négociations des conventions collectives dans le milieu de l'éducation...


D'office, vous n'êtes (sûrement) pas sans savoir que nous devons lutter contre l'opinion publique qui rappelle sans cesse que nous avons deux mois de vacances l'été. On oublie toujours de mentionner qu'elles ne sont pas payées, ces convalescences nécessaires. On remet sans cesse en question nos innombrables journées pédagogiques qui servent sans doute à prendre un café entre collègues. Et, pour se faire pardonner par la suite, on nous donne une 'tite tape dans le dos en disant qu'on ne serait jamais capable de faire ce que l'on fait, que c'est une vocation et que nous sommes ni plus ni moins que des héros. Mais n'allons pas prendre en otage les enfants (ou est-ce les parents) en débrayant ou en fermant la garderie (j'ai dit ça moi?).


Monsieur Lessard, j'en viens tout de suite au but de cette missive. Si vous êtes attitré à la couverture de cette dite négociation dans les mois à venir, je vous défie de publier les vraies informations. À défaut de ceci, rédigez au moins plus honnêtement. Nulle part dans mes vingt années d'enseignement ai-je eu droit à douze journées de congé de maladie. De grâce, ne laissez pas sous-entendre en captant notre attention dans une fenêtre résumée que l'état sauvera 160 millions. Nous n'avons rien volé (nous)! Oups! Lapsus socio-littéraire! Soyez clair et cessez de nous tirer dans le pied. C'est déjà suffisamment difficile pour nous de faire reconnaître notre tâche sans qu'on mente sur nos conditions de travail lorsqu'on prétend qu'on se plaint le ventre plein.


Sachez, Monsieur Lessard, que mon salaire diminue depuis maintenant trois ans. En effet, n'ayant reçu que de maigres augmentations au cours des dix dernières années, bien au deçà de l'augmentation du coût de la vie qui n'est pas annexé, mon pouvoir d'achat diminue et diminuera jusqu'à ma retraite.


Si au moins, je pouvais en profiter pendant mes deux mois de congé, moment où tous les prix sont à leur plus élevé...


Finalement, je sais que vous n'avez pas la prétention de tout connaître de ce milieu. Il s'agit du mien. Je ne vous en tient pas rigueur. Je crois (et j'espère surtout) sincèrement que vous avez voulu rédiger un article informatif dépourvu d'opinions personnelles - comme un vrai journaliste. Vous l'avez fait. Ce que je vous reproche, c'est de ne pas présenter les faits véritables. Et ainsi, pour une nième fois, permettre de laisser croire à tous nos détracteurs que nous sommes lâches et que nous sapons les coffres de l'état.


Dans l'attente d'une réponse, recevez, Monsieur Lessard, mes sincères salutations.


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À suivre...

vendredi 5 septembre 2014

RedBall donne des ailes

C'est très simple comme logique, très simple comme projet.  Au départ, Kurt Pershcke, artiste natif de Chicago mais résidant actuellement à New York, décide de créer une oeuvre qui fera sourire les gens dans des lieux banalisés de villes à travers le monde.  De par son positionnement stratégique dans un endroit public, les passants sont soudainement déstabilisés par une gigantesque boule rouge qui modifie le quotidien urbain, parfois drabe ou si facilement générisé.  On redécouvre, l'espace d'un moment forcé, un lieu qu'on a pris pour acquis...

J'ai d'abord entendu parlé de ce projet il y a une semaine.  Méditant au son de la pluie sous un porche de la campagne, j'essayais d'imaginer une fois de plus comment la vie peut être vue selon les lunettes qu'on choisit de porter.  Un même moment, une même action ou un même fait suscitent des réactions différentes selon notre humeur, bien entendu, mais plus particulièrement selon notre propre interprétation et la façon que nous choisissons de la laisser nous affecter.  Il en va de même pour ce ballon.


Fébriles, Ricardo et moi nous sommes donc rendus à la station Parc (devons-nous, STM, opter plutôt pour du Parc?) hier soir.  Une station de métro qui en dessert une de train de banlieue.  Et là, sous un abri, se cache le fameux objet.  Je dis "se cache" mais au fond, on ne peut le manquer.  Instinctivement, j'ai perçu un gamin tentant maladroitement de berner son parent.  Pour jouer.  Pour se laisser découvrir aussi.  La naïveté juxtaposée au ludisme.  L'effet est boeuf!  Les passants se laissent charmer par cet objet venu de nulle part, à la fois connu de par sa forme et étrange de par son anormalité!  

Force est de constater que ça crée toutes sortes d'interactions autour.  Certains se demandent ce qu'y fait cette sphère colorée.  Ceux-ci questionnent, sont surpris d'apprendre qu'elle a déjà voyagé beaucoup et qu'elle ne reviendra plus ici, à Montréal.  D'autres veulent immortaliser le moment en photographiant l'ami plongeant corps entier dans la molle surface au son d'un clic électronique pré-Facebookien.  Ces derniers laissent momentanément leur enfant intérieur s'extérioriser.  Enfin, quelques autres hésitent, ne sachant comment réagir, pris par de possibles conflits intérieurs qui les obligent à rester matures, quasi-stoïques, soi-disant distants mais tout de même étrangement présents.  Chose certaine, tous, oui tous, sourient!  

J'ai trouvé cette oeuvre d'art très poétique.  Une ode à la vie.  Une façon de briser un quotidien trop intégré.  J'ai aimé caresser cette forme, m'imaginant toutes les mains qui, à Barcelone, Paris, Lausane, Portland ou même Abu Dhabi, ont fait comme moi.  J'ai voyagé brièvement en pensant aux diverses réactions d'autant de cultures.  J'ai senti qu'il faut parfois briser la routine, parler aux gens, répondre aux questions, prendre des photos sans se justifier pour réapprendre que nous ne sommes pas seuls dans cette ville qui à son tour existe aussi...  Une façon si originale de mobiliser un instant pour en faire naître de nouveaux.

Oui, RedBall donne des ailes.

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La RedBall migrera une dernière fois vers le Parc Lafontaine ce samedi.  Allez y faire un tour.  Pour la boule, bien sûr, mais surtout pour l'effet!

La RedBall à la Biosphère
http://redballproject.com/cities/montreal/



lundi 25 août 2014

Repartir pour mieux arrêter

Et voilà!  Un nième projet terminé...  Dire que ces quatre dernières années ont passé rapidement serait un véritable euphémisme en quelque sorte.  Planifier et vivre un traitement différé s'est avéré à la fois profitable, enrichissant, stimulant et j'en passe.

Difficile, donc, de retourner au travail et chialer quand on sait que nos collègues n'ont pas eu autant de temps pour s'en remettre.  Difficile également d'être pleinement heureux parce que la routine va se réinstaller et que les levers au son d'un impitoyable cadran seront monnaie courante.  

Mais...

La vie continue.  À la fois l'expression la plus simple et la plus complexe qui résume parfaitement le ressourcement que ce repos m'a permis.  Presque sept mois à faire tout et rien à la fois.  Un sublime cadeau que je souhaite à tous au moins une fois dans leur carrière.  Un baume réparateur sur des plaies difficiles à cicatriser et surtout l'occasion de prendre le temps d'arrêter de courir comme une poule pas de tête.  Mon oncle se plaît à surnommer nos vacances estivales "sa convalescence".  Il a raison.  Deux mois, c'est bien peu pour se remettre complètement de toutes ces charges imposées, ces demandes administratives ou ces défis inatteignables.  C'est davantage un moment pour reprendre son souffle.  Le problème, c'est qu'à force de survivre, on ne vit plus...

Mais...

Je ne reprends pas le clavier aujourd'hui pour vider un surplus d'anxiété.  Bien au contraire.  Le plus beau cadeau que j'ai reçu, c'est justement de me rendre compte que cette vie continue.  J'aime enseigner.  J'aime être avec ces cerveaux en ébullition au quotidien.  J'aime qu'ils doutent et qu'ils gobent en même temps.  J'aime travailler avec mes collègues.  J'aime me promener dans l'école et regarder les productions des élèves.  J'aime voir les progrès.  J'aime surmonter les difficultés.  J'aime faire des sorties culturelles et éducatives.  J'aime taquiner les enfants.  J'aime aimer.

J'ai redécouvert pourquoi j'ai choisi ce métier.  N'allez pas croire que je vais pardonner les injustices commises pas plus que celles à venir.  Par contre, je choisi sciemment de voir le verre aux trois quarts plein.  Je n'ai pas de pouvoir sur le reste pas plus que ce reste a un pouvoir sur moi.  Oui, l'École est un milieu de blablas administratifs inutiles et incongrus, de bibliothèques qu'on croit suffisamment équipées, de professionnels sous payés mais surtout sous valorisés.  Mais c'est aussi un milieu riche.  Et la richesse n'est pas en haut de la pyramide.  Elle est à sa base: les enfants.

Bonne année scolaire à tous.