mardi 5 mars 2013

Espace Musique

Flâner dans un café, essayer un restaurant, découvrir un artiste: voilà des plaisirs de la vie! Question d'agrémenter musicalement votre semaine de relâche (ou plutôt la mienne!), voici ceux qui ont piqué ma curiosité. Cliquez sur le nom de l'artiste pour avoir accès à son site personnel.


Ça faisait un sacré bout de temps que je n'avais pas écouté du folk. Du vrai à part ça... À l'état brut, pur et naturel. Passenger est en fait le surnom de Mike Rosenberg, un Anglais de 25 ans. Il a d'abord créé son propre band du même nom. Lorsqu'ils se sont séparés, Mike a préféré garder le nom du groupe et poursuivre sa démarche artistique. Fait cocasse, il est très peu connu ici, en Amérique du Nord. En Australie et en Scandinavie, il en va tout autrement. Fort de trois albums (les deux premiers sont moins connus par contre), il a collaboré avec plusieurs artistes dont Ed Sheeran et Selah Sue. Laissez passer dix secondes afin de vous habituer à sa voix différente. Vous oublierez rapidement et vous parviendrez même à aimer paroles et musique! ** À écouter: Let Her Go, The Wrong direction, Circles, My Heart's on Fire.


Ho Hey! La toune joue et rejoue depuis plusieurs semaines maintenant (au grand dam de Jonathan Custeau lors de son périple à Végas!). C'est un folk nouveau genre, beaucoup plus rythmé et beaucoup plus joyeux musicalement. Le groupe, composé d'une fille et 4 types (aucun lien avec Céline par contre!) se laisse découvrir lentement. On leur espère d'autres succès...  Et si vous aimez, ils se produisent au Métropolis le 1er mai prochain! ** À écouter: Ho Hey!.

Karim Ouellet

J'ai découvert cet artiste lors de son passage à "Tout le monde en parle" il y a quelques semaines. Un gars posé tenant des propos intelligents. La musique qu'il compose reflète bien l'artiste en plus. On assiste pas à une révolution au niveau des paroles et de la musique, mais le tout a de charmant le bonheur qu'il dégage. La preuve que dire "Je t'aime" n'a pas toujours besoin d'être compliqué! Il sera en spectacle partout en province au cours des prochains mois. Je me promets une représentation gratuite à la maison de la culture Ahuntsic-Cartierville en avril prochain... si je réussis à me procurer des billets! ** À écouter: Fox, Foudre, L'amour.


D'abord repoussé par le titre de la chanson "La vie c'est d'la marde", j'ai dû me résigner à (finalement) écouter le clip sur Youtube. Oh! Surprise! Cette acadienne a un sens de l'humour particulièrement développé! Le danger de la chanson, c'est qu'elle accroche rapidement et qu'elle reste stucké dans 'tête! Je ne connais pas vraiment les autres chansons de l'album, mais la pochette est fort inspirante... À tester pendant les vacances!  ** À écouter: La vie c'est d'la marde.


Complètement différent comme genre. On est dans le rap/hip-hop/R&B. Ben Haggerty est originaire de Seattle. Déjà un point positif pour lui. Il travaille depuis quelques années avec son meilleur ami Ryan Lewis. Ensemble, ils ont conçu l'album "The Heist" sur lequel vous pouvez entendre la populaire Thrift Shop. Mais il ne s'agit là que d'une chanson qui ne les définie pas. Du tout. L'ensemble de l'album comprend 18 chansons (si vous achetez la version deluxe sur iTunes) et plusieurs collaborations. Fervent défenseur des droits LGBT, il décrit ses opinions politiques dans la sublime chansons Same Love déjà publiée dans un post précédent. À découvrir au volant. Surtout cet été. ** À écouter: Can't Hold Us, Thrift Shop, Same Love, My Oh My.


Un ancien élève m'a parlé de cette application iPhone/iPad (disponible également sur Androïd). Il s'agit d'un système de playlists préétabli. En choisissant un mood, vous avez la possibilité d'agrémenter un souper, une randonnée ou un workout au son d'artistes que vous connaissez (ou pas!) et que vous découvrirez. Quoi de mieux pour découvrir de la nouvelle musique?  Il faut obligatoirement une connexion internet pour pouvoir en profiter par contre...

lundi 25 février 2013

Sébastien Benoît a 40 ans!

J'essaie de réussir à oublier que j'aurai bientôt 40 ans. Par tous les moyens. Il y a bien François, 42 ans, un collègue enseignant l'éducation physique, qui me dit qu'il ne comprend pas ce que ça change. Il y a bien Chantal, aussi, une amie qui en à plus de 50. Toujours active. Toujours sportive. Toujours en pleine forme. Et il y a aussi moi qui se rappelle la même crise vécue à 19 et 29 ans. Neuf ans, comme l'a si bien résumé Milioto, je ne m'en souviens plus. Sûrement que je voulais en avoir 12 à cette époque! Chose certaine, je voulais un Big Wheel... que je n'ai jamais eu!

Sébastien Benoît a 40 ans, lui. Il aura 41 avant mes 40 en plus. Beau bonhomme, non? Ça m'a frappé un vendredi soir en écoutant un savoureux épisode des Bobos à Télé-Québec. J'ai reconstaté (pas réalisé encore) que la conception qu'on a d'un âge est purement subjectif. Et je me suis forcé de me remémorer ces connaissances qui, à 22 ou à 45, avaient l'air d'en avoir respectivement 35. Physiquement et psychologiquement.

J'ai décidé d'adhérer à la vision d'élèves cette semaine. La vérité ne sort-elle pas de la bouche des enfants? Pour une raison qui m'est totalement inconnue, deux d'entre eux ont décidé de leur propre chef de m'appeler "Monsieur Beau". Chaque jour, dans le corridor, ils me l'expriment. Et ils m'expliquent pourquoi en plus! Beaux yeux (sérieux!), belle chemise, beaux souliers (le plus fréquent), belles boucles d'oreilles et j'en passe. Ils ont même souligné la virilité de mon foulard porté nonchalamment à la Étienne Maxou. Différences culturelles, il faut croire! Ah! Ces arabes! Selon eux, je ressemble à Zidane...  Go figure!

Il y a eu également cet échange avec un de mes propres élèves. "Je ne comprends pas, Monsieur Daniel... Vous nous avez demandé de ne pas rire de vos cheveux. C'est censé vous donner l'air d'avoir l'air plus vieux (ses mots, pas les miens). Mais moi, je ne vous trouve pas vieux. On dirait que vous avez 25 ans. Vous avez vraiment l'air jeune..." (toujours ses mots, pas les miens!).

Je lui mettrai A+ en sciences. Et les bulletins ne sont même pas bientôt en plus, alors ça ne peut être une tactique pour m'amadouer. Je connais bien les enfants. J'ai un Bac et 17 années derrière la cravache. C'est pas réfutable, ça. Je sais reconnaître la vérité quand je l'entends. Don't challenge me.

Quand je reviens à la maison, il y a aussi mon chum qui croit que je vis ma crise de la quarantaine. C'est pas une crise, mon chéri! C'EST la quarantaine. Mais que peut-il bien y comprendre, ce jeunot? On en reparlera dans 4 ans si je ne me le suis pas fait voler...

Bon. Si on faisait un bilan réaliste:

- Se sentir plus jeune, en forme et en santé: check.
- Avoir maigri de presque 20 livres dans les derniers mois: check.
- Se sentir plus sexy à cause du zumba: check.
- Se faire regarder et parfois même cruiser en ville: check.
- Libido: check, check, check. Dans l'tapis!

P't'être pas si pire que ça, avoir quarante ans... Sébastien Benoit: watch out! La compétition sera féroce! Dans 10 ans, on s'attaque à George Clooney!

Même s'il aura alors 61 ans...

mardi 19 février 2013

The Hottest Girls in Town!

 
Ok.  Article vraiment plus léger.  Ça va parler de zumba.  Sérieusement.

Le 31 septembre dernier, après avoir couru mon troisième demi-marathon, j'entamais une période de six mois de "repos". Le problème? Quel nouveau sport pratiquer... Bien sûr, il y a le ski de fond de janvier à avril lorsque nous allons à Baie-St-Paul. Mais il y avait bien trois mois entre les deux...

Hors de question que je retourne courir dans le froid malgré tous les bienfaits qu'on en dit. De toute façon, mes tendons avaient besoin d'un break. Moi aussi pour ne pas m'écoeurer... Hors de question de retourner au gym aussi. Bien que les paysages soient pitoresques (le mâle d'Amérique n'y est pas piqué des vers), le gris des murs et l'odeur de sueur ne m'intéresse pas pour le moment. De toute façon, on vient d'y envoyer un cocktail molotov à la mi-janvier... Hors de question enfin que je paie un prix exorbitant pour joindre un club quelconque. De toute façon, je n'ai pas l'argent...

"Essaie le zumba!" m'a t-on dit (et redit)!  Et j'ai répondu: "Mais c'est une activité de fifilles ça! Et c'est sûrement même pas assez cardio en plus..." Oh que j'avais tort!  Pour l'activité cardio.  Parce que c'est effectivement un sport de fifilles...  Après plus d'une quatre-vingtaine de sessions, j'y ai croisé trois gars...

Mais pour le cardio par contre, watch out! On n'atteint bien entendu pas le niveau de pulsations de la course. Ce qu'on y gagne par contre, c'est bien plus encore...

Premièrement, la session dure un peu moins d'une heure. C'est plus que la moyenne des entraînements quotidiens de jogging pour se préparer à un demi-marathon (j'exclus bien sûr la course du dimanche et les derniers entraînements). Quatre fois par semaine, c'est donc assez pour perdre plus de 2 400 calories. 

Deuxième avantage, c'est stimulant. Pas les trois premiers cours: on se sent comme le p'tit gros des Goonies à ne plus savoir de quel bord se garocher pendant que tout le monde se pitche à gauche et à droite, les baguettes dans les airs et les pieds qui touchent plus par terre. Mais quand tu pognes la twist, tiens-toi bien: c'est contagieux! Shake your bombom, baby!

Troisièmement, c'est bon pour l'estime. Depuis octobre, je me surprends fréquemment à me déhancher en classe, à chanter des tounes espagnoles (en portugais parce qu'on ne me l'avais pas dit!) et à faire des moves de hip-hop et de reggaeton! Je suis davantage de bonne humeur et j'ai même hâte à 17h30 pour me grouiller le popotin encore une fois.  Et ça fait un sérieux bout de temps que je ne me suis pas senti aussi sexy!

Parce que se maintenir en forme est une mélange d'exercice et d'alimentation, j'ai donc complètement réajusté ma façon de manger aussi.  C'est certain que la combinaison des deux a eu un effet bénéfique. Mais c'est certain que l'énergie que m'apporte le zumba y est pour beaucoup plus. Résultat? 15 livres de perdues en trois mois (et on me le souligne souvent en plus!). Des cuisses d'enfer et presque plus de seins (ça ne vous arrivera pas, mesdames, ne vous inquiétez pas!).

Comment ça se déroule, un cours de zumba? Les gens arrivent tôt pour avoir une bonne place, car on avoisine parfois la centaine dans le local (les samedis et lundis surtout). Ensuite, la musique commence, généralement avec un réchauffement des muscles et une excitation du cardio.  Puis s'enchaînent une dizaine de chansons variées, du reggaeton au hip-hop, du merengué à la salsa, du Bollywood au rap et bien plus encore. Le tout se termine par des chandails complètement ensueurés et une dernière chanson pour s'étirer.

Who are the hottest girls in town? L'équipe de Musifit sur Jarry à St-Léonard (situé entre deux ou trois maisons victimes d'attentats par le clan Rizutto - mais ça aussi, ça aide à garder le cardio élevé!). Palma, Nikita, Sabrina et Elisa (parfois même David!) sont d'excellentes entraîneures, motivantes à souhait. Elles mettent le pied dans la salle et ça explose! La propriétaire, Johanne, également entraîneure certifiée, est connue comme l'Enregizer Bunny de la place! Sa passion est contagieuse, son énergie est dynamisante, sa personnalité entière rend l'expérience inoubliable! Elle n'en a jamais assez non plus!  Elle organise annuellement un zumbathon dans la région. Je ne pourrais passer sous silence Frank, son conjoint, entraîneur de spinning. Lui aussi est franchement hallucinant! Il anime des sessions dans l'autre salle, son micro à la Madonna près du visage. Il rassure tout en motivant, sachant pousser au-delà des limites sans exagérer bien entendu. Il prend le temps de bien préparer avant le cours et de féliciter après.

C'est certain que je veux que vous deveniez membre de MON club. C'est le meilleur endroit en ville, seriously!  Si ça ne vous est pas accessible, déhanchez-vous jusqu'à un club près de chez vous. Vous ne serez pas déçus!  Quant à Musifit, voici le site et l'horaire des cours qui se donnent à plusieurs reprises dans la journée:

horaire des cours:
 
** Merci les filles pour tout ce que vous donnez! Je sais que c'est naturel pour vous, que c'est un travail amusant et que ça permet de vous garder en santé, mais n'oubliez pas que ce que vous faites au quotidien a bien plus d'impact que vous le pensez! Vous transmettez la santé physique... et mentale! You bring joy to people's lives!  Now everybody ZUMBAAAAAA!

jeudi 14 février 2013

Une union presque parfaite

Les couples, c'est connu, sont constitués d'individus. Ça s'arrête à peu près là comme définition. Les adjectifs qui qualifient le dit nom commun pluriel sont, quant à eux, davantage pluralistes...

Il y a les couples fusionnels qui ne peuvent vivre l'un sans l'autre. Ils partagent tout, des amis aux mêmes idées, se minouchent sur le divan pour écouter "Les pages de notre Amour" ou "Décore ta vie". Ils ne prennent une décision sans avoir consulté l'autre. Quand ces couples se séparent, c'est souvent aussi intense...

Il y a aussi les couples endurants qui, d'un commun accord, restent ensemble pour les enfants. Ils ont compris que c'était plus facile ainsi. Parfois, ils font chambre à part et d'autres ont même le loisir de pouvoir aller voir ailleurs. Ironiquement, certains de ces couples ne se sépareront jamais...

Il y a les couples ouverts qui, pour des raisons que seuls eux peuvent juger, permettent à d'autres de s'immiscer dans leur vie - plus souvent sexuelle qu'amoureuse. On jalouse parfois leur liberté, mais on oublie qu'ils doivent gérer mais surtout prévoir les excès de jalousie...

Mon couple ne correspond à aucun de ceux-là. Il n'est ni fusionnel, ni endurant, ni ouvert. Il s'est plutôt développé au fil des ans. Nous sommes totalement différents, lui et moi. L'un, gestionnaire plus introverti, davantage stimulé par le concret et le cartésien. To the point le résume bien. L'autre, émotif plus extraverti, davantage stimulé par la logique et les questionnements. What's the point le résumerait.

Six ans. C'est ce qu'il a fallu pour s'apprivoiser. S'apprivoiser: c'est un bien gros mot... Il reste encore en nous un côté sauvage.

Au départ, c'était brut. Pas fini. On ne se comprenait pas même avec des mots! L'émotif devait tout expliquer et réexpliquer succinctement. Le rationnel devait constamment reformuler plus doucement. Et les prises de becs étaient fréquentes! La deuxième année et celles qui suivirent ont elles aussi eu leur part de hauts et de bas. C'était à se demander ce qui pouvait bien unir deux personnes si différentes...

Maintenant, c'est autre chose. Nous nous apprécions! "Oh my god!" Vous dites vous! "VOUS VOUS APPRÉCIEZ!?" Bien oui! Et c'est une étape dans notre couple en plus. 73 mois plus tard, nous commençons à comprendre qu'il y a des choses qu'on ne peut pas changer chez l'autre. Il y a des choses qu'on ne peut pas dire, d'autres qu'on ne peut pas faire. D'autres qu'il faut laisser faire et enfin d'autres qui ne sont que des dires. C'est ça la découverte! Un chemin à débroussailler où l'on coupe souvent les mauvaises herbes mais parfois les jolies fleurs...

Je ne crois pas que nous serions encore ensemble si nous n'avions pas mis d'eau dans nos vins respectifs. Pas plus que nous serions mieux ailleurs non plus. L'équation est simple pour moi. Je ne crois pas au coup de foudre. Je pense que c'est le temps qui rend l'autre de plus en plus sexy. C'est l'appréciation de l'autre qui permet de mieux le connaître. C'est de savoir que les choses évoluent coûte que coûte.

Je me considère chanceux. Je suis tombé sur un gars bien. Vraiment bien pour être franc. Il est une oreille attentive quand j'en ai besoin. Il est patient avec moi. Il comprend ce que je pense. Mais ce que j'aime par dessus tout chez lui, c'est qu'il sait comment je me sens. Il a un sixième sens, un million de fois plus développé que le mien. Même si j'essaie de lui cacher, il lit ma détresse et il la respecte. Surtout, il pense à moi...  Et avez-vous son nouveau corps de dieu grec!?  Non, mais, sérieusement!

Oui. C'est une union presque parfaite.

Joyeuse St-Valentin! Je t'aime, Johannes!

Diana Krall
"A Case of You" de l'album Live in Paris (2002)

samedi 9 février 2013

Merci les profs



Illustration d'Élise Gravel pour la semaine des enseignants 2013
En cette dernière journée de la semaine des enseignants, je me suis rendu compte que je n'ai moi-même pas pris le temps de remercier tous ces changeurs de vie qui l'ont, d'une façon ou d'une autre, teintée tout en prenant le temps de m'apprendre à apprendre.  Le côté triste de ce billet est que je ne crois pas qu'ils ou elles aient la possibilité de le lire et de se rendre compte à quel point je les apprécie encore aujourd'hui.  Donc, si vous croisez...

... Pierrette Bérard.  Dites-lui qu'elle fut mon enseignante préférée!  Que c'est par sa faute si je suis à mon tour devenu enseignant!  Même si nous étions plus de 25 dans la classe, je comptais autant que les autres qui comptaient autant que moi!  Dites-lui que je m'excuse d'avoir mâché de la gomme en classe (Oh!  Que j'ai fillé mal cette journée là de lui avoir fait tant de peine qu'elle a dû - contre son gré, c'est certain - me donner une copie...).  Dites-lui aussi merci pour ses opérettes annuelles où, à mes yeux, elle était la star parmi les stars!  Comme elle m'a inspiré au niveau personnel, artistique et professionnel!

... Soeur Monique.  Soulignez-lui à quel point ce fut agréable de voir une enseignante toujours aussi organisée, organisante, passionnée, passionnante, attentive et jeune.  Jeune?  Nous fûmes son dernier groupe avant sa retraite.  Vous ne l'auriez jamais su!  Elle courait avec nous les vendredis lors des jeux que nous pouvions organiser.  Elle a gardé sa motivation contagieuse jusqu'à la fin!  Je ne peux même pas en dire autant de moi certains jours...

... Paul Ste-Marie.  Glissez-lui mon admiration devant son Amour de la langue française, sa passion de l'éducation, son sourire et sa bonne humeur quotidienne, lui qui m'enseignait... le latin, matière que j'ai tant détestée!

Dites merci à Monsieur Guillemette de m'avoir stimulé à présenter mes travaux impeccablement, à Pauline de m'avoir appris à attacher mes lacets, à Marthe de m'avoir appris à lire, à Jocelyn d'apprécier et de respecter la jeunesse.

Il y a bien eu d'autres enseignants.  Mes maîtres de stages qui m'ont questionné et fait réaliser que je ne pouvais être comme eux.  Que je devais être moi-même.  Difficile quand le modèle est si exemplaire!  Merci Mireille, Josée, Claudine et Johanne!  Merci aussi à Richard qui m'enseigne aujourd'hui et qui, bien au delà de la matière, a compris l'essentiel de ce que je suis, mes angoisses et mes peines, mes joies et mes succès.  Il sait les respecter tout en me poussant plus loin!

Je vous laisse avec deux textes qui ont piqué mon intérêt ces derniers jours.  Tout d'abord, il y a eu cet article du blog de Louis-Simon Ferland sur Yoopa (que je me forcerai de découvrir sous peu tant ses sujets semblent captivants) qui s'intitule "Ce que les profs n'osent pas nous dire"...  Puis enfin, le toujours sympathique Stéphane Laporte avec un texte datant de 2009: "Si les profs pouvaient".  Bonne lecture, si ce n'est déjà fait!

**  Elise Gravel est illustratrice.  Ses albums, ou l'humour absurde est à l'honneur, éveillent le côté créatif .  Mes élèves scrutent immenquablement son "Catalogue des gaspilleurs" à chaque année.  Image utilisée avec son aimable autorisation.
    

Louis-Simon Ferland
Ce que les profs n'osent pas nous dire
Stéphane Laporte
Si les profs pouvaient...







mercredi 6 février 2013

Accueil(lantes!)

J'enseigne dans un milieu multiculturel.  Plus multi que culturel...  Algériens, Marocains, Libanais, Haïtiens, Guatémaltèques, Mexicains, Congolais, Vénézuéliens, Chinois, Vietnamiens, Coréens et encore 15 autres cultures se côtoient quotidiennement dans notre école.  Quelques québécois en nombre restreint aussi.  Surtout des enseignants.

Bon an, mal an, de nouveaux arrivants sont intégrés à notre quinzaine de classes d'accueil.  Une classe d'accueil, ça le dit, ça accueille une classe.  Des élèves immigrants.  De 6 à 13 ans.  De la maternelle à la sixième.  Qui ne parlent pas ou presque pas français.  Rarement leur(s) parent(s). 

Mais qui les accueille?  Une quinzaine d'enseignantes, également.  Et elle m'épatent toutes! 

Je vous ai dit qu'on regroupe ces enfants par classe.  Par niveau.  Pas par culture.  Ce qui veut dire que dans une classe d'une dix-huitaine d'élèves, on peut parler jusqu'à dix-huit langues.  Dix-neuf avec le prof.  Et ils s'adaptent!  C'est hallucinant! 

Quand on entre dans ces classes, on voit des paires de yeux allumés.  Des yeux qui ont le goût d'apprendre et de comprendre.  Des sourires qui en disent long sur le plaisir d'être là, de découvrir un peu plus chaque jour.  Des cerveaux en ébullition, impliqués dans des projets à gauche et à droite.  Et là, je ne vous parle que des enseignantes...

Les élèves, eux, n'ont le choix que d'attraper le virus.  Influen... cés!  Granted, les enfants apprennent plus facilement que nous, adultes trop cartésiens.  Mais admettez par contre que la motivation compte pour beaucoup.  Mettez-vous à leur place.  Fraichement débarqués au pays, climat souvent inhospitalier, parents sans emplois, en deuil d'une famille laissée au loin.  Et on vous force à apprendre une nouvelle langue.  La personne en avant doit être sacrément intéressante pour vous faire oublier ces obstacles...  Et ils oublissent!  Emportés par la tempête, ils parlent français quelques mois plus tard.  Naturellement.  Ils réussissent plus souvent qu'autrement à combler des retards que la compréhension et la maîtrise de la langue ont accentués parfois gravement.  C'est tout juste s'ils ne deviennent pas partisans du Canadien! 

Dans une province où l'immigration est de plus en plus présente et où de nombreux détracteurs critiquent vilement leur intégration sociale, culturelle et professionnelle, ces enseignantes, au contraire, sont au premier front.  Elles se donnent corps et âme pour leur apprendre, bien au delà d'une langue, une culture riche et admirable.

Et je leur lève mon chapeau.  Ou mon hijab, c'est selon.

vendredi 1 février 2013

Je suis CONTRE le mariage gay

... Pour Marie-Pierre

Je suis contre le mariage gay.  Et pourquoi pas?  Nous avons tous le droit de nous emmerder en couple, non?  Pourquoi faudrait-il que le mariage soit forcément joyeux?  Prenons des exemples concrets pour prouver le tout.

Ejemplo número uno.  Des étudiants se marissent pour pouvoir obtenir des prêts ou des bourses d'études.  Le but est louable, car les gouvernements encouragent l'éducation.  D'autant plus que ce couple instruit produira inévitablement des enfants instruits qui à leur tour enrichiront le pays.  C'est mathématique.  Comment contredire cette séduisante logique?  Where's the Love?  There'$ the Love!

Example number two.  Des couples s'organisent parce que l'un des conjoints, habitant d'un autre pays, y vit diverses difficultés.  Ses opinions politiques mettent en danger sa vie.  On le pourchasse et scrute ses moindres gestes à la loupe.  Logique alors qu'il migre ailleurs pour sa sécurité.  Si ça c'est gay, je mange mes bas (en mohair péruvien)...

Tertio.  De vieux fripés de plus de 70 ou 80 ans (quoi?), veufs chacun de leur côté, s'acoquinent lors les dernières années de leur vie.  Ni l'un ni l'autre ne baisent depuis moultes années, mais qui sommes nous pour jalouser?  Même si la Bible dit clairement que le but du mariage est de procréer, comment oserions nous dire non à tant de tendresse?  Supporter tant de varices de vieillesse et de problèmes d'érection est tout sauf gay.

Et les exemples pleuvent.  Mariages pour adoption.  Mariages pour héritage.  Mariages de convenance.  Mariages politiques (that one is f*?%ing scary!  No gayness there!).

À la mi-janvier, les 300 000 Français qui ont marché pour dénoncer le mariage homosexuel l'ont fait en bonne connaissance de cause.  Il fallait.  Sinon, ce serait bien la première fois qu'on manifestait sans rationnel.  Et l'Amour, tout le monde le sait, c'est rationnel.

Expliquez-moi pourquoi deux hommes ou deux femmes auraient le droit légal d'officialiser leur union?  Parce qu'en plus, ça met tellement en danger les autres unions.  J'en suis moi-même la preuve vivante!  Au contact de couples hétérosexuels, je remets fréquemment ma propre orientation en question.  J'ai comme le goût d'essayer!  J'ai aussi un peu peur pour mes enfants (que je n'ai pas et n'ai pas le droit d'adopter en France parce que je suis un agresseur potentiel malgré mes 17 années dans l'enseignement au primaire)...  Ils pourraient devenir eux-mêmes gays, lesbiennes ou pire, sexuels!

And now, you've got me going about adoption!  Au Québec, le processus d'adoption est très rigoureux.  Multiples entrevues individuelles, de couple, avec les amis et la famille.  Processus d'évaluation psychologique.  Rencontres dans le futur milieu familial.  Bref, pas mal plus de tests pour prouver que les futurs acheteurs du bébé sont stables.  Plus stables que la dopée du village qui butine à gauche et à droite et qui est elle-même propriétaire de trois kids de quatre pères différents (une des naissances est en litige depuis deux ans maintenant).

Trève de plaisanteries.  Je ne vous ai pas forcément écrit ce billet pour que vous réfléchissiez ou réagissiez au mariage et à l'adoption gays.  OK.  Je mens.  C'est en plein pour ça.  Au Canada, c'est un acquis (quoique Harper met tout en doute ses dernières années - another gay problem...).  Je voulais simplement souligner un fait.  George Orwell l'a si bien écrit:  "Tous les animaux sont égaux, mais y a des animaux plus égaux que d'autres".  Être un couple, être parent, c'est bien plus que du papier et de la philosophie.  C'est un travail quotidien, qu'on soit straight, gay, monoparental, homoparental, ...  Le couple, c'est réactif.  La famille, c'est nucléaire.  Ça explose et il faut savoir ramasser les pots cassés.  Et je ne vois pas en quoi les gays sont plus (ou moins) radioactifs que d'autres.  Vous?

Place aux commentaires... Pour vous permettre de colliger votre pensée, je vous offre en toile de fond la sublime "Same Love" de Mackelmore (également auteur et interprète de l'autre sublime "Thrift Shop")... Lyrics included too!

 
Mackelmore
"Same Love" de l'album The Heist (2012)