J'enseigne dans un milieu multiculturel. Plus multi que culturel... Algériens, Marocains, Libanais, Haïtiens, Guatémaltèques, Mexicains, Congolais, Vénézuéliens, Chinois, Vietnamiens, Coréens et encore 15 autres cultures se côtoient quotidiennement dans notre école. Quelques québécois en nombre restreint aussi. Surtout des enseignants.
Bon an, mal an, de nouveaux arrivants sont intégrés à notre quinzaine de classes d'accueil. Une classe d'accueil, ça le dit, ça accueille une classe. Des élèves immigrants. De 6 à 13 ans. De la maternelle à la sixième. Qui ne parlent pas ou presque pas français. Rarement leur(s) parent(s).
Mais qui les accueille? Une quinzaine d'enseignantes, également. Et elle m'épatent toutes!
Je vous ai dit qu'on regroupe ces enfants par classe. Par niveau. Pas par culture. Ce qui veut dire que dans une classe d'une dix-huitaine d'élèves, on peut parler jusqu'à dix-huit langues. Dix-neuf avec le prof. Et ils s'adaptent! C'est hallucinant!
Quand on entre dans ces classes, on voit des paires de yeux allumés. Des yeux qui ont le goût d'apprendre et de comprendre. Des sourires qui en disent long sur le plaisir d'être là, de découvrir un peu plus chaque jour. Des cerveaux en ébullition, impliqués dans des projets à gauche et à droite. Et là, je ne vous parle que des enseignantes...
Les élèves, eux, n'ont le choix que d'attraper le virus. Influen... cés! Granted, les enfants apprennent plus facilement que nous, adultes trop cartésiens. Mais admettez par contre que la motivation compte pour beaucoup. Mettez-vous à leur place. Fraichement débarqués au pays, climat souvent inhospitalier, parents sans emplois, en deuil d'une famille laissée au loin. Et on vous force à apprendre une nouvelle langue. La personne en avant doit être sacrément intéressante pour vous faire oublier ces obstacles... Et ils oublissent! Emportés par la tempête, ils parlent français quelques mois plus tard. Naturellement. Ils réussissent plus souvent qu'autrement à combler des retards que la compréhension et la maîtrise de la langue ont accentués parfois gravement. C'est tout juste s'ils ne deviennent pas partisans du Canadien!
Dans une province où l'immigration est de plus en plus présente et où de nombreux détracteurs critiquent vilement leur intégration sociale, culturelle et professionnelle, ces enseignantes, au contraire, sont au premier front. Elles se donnent corps et âme pour leur apprendre, bien au delà d'une langue, une culture riche et admirable.
Et je leur lève mon chapeau. Ou mon hijab, c'est selon.
T'es donc ben fin!!!! Je pense que je vais pleurer! Merci pour cette délicieuse attention!
RépondreSupprimerXX
Marie-Pierre, Mary-Peter ou Maria Pedro c'est selon!
L'avantage avec ce billet est qu'il ne contient que des fleurs! Pas de pots à venir! Vous êtes vraiment des enseignantes exemplaires qui me motivent souvent à me dépasser (ou du moins à ne pas stagner!). Merci d'être là! Bonne semaine des enseignants!
SupprimerQuel bon clin d'oeil! Bravo!!! Guylaine
RépondreSupprimerMerci Guylaine! Un jour, j'en ferai également un sur les excellentes enseignantes de sixième année mariées à des dominicains qui travaillent à Montréal-Nord et qui font des projets de radio! ;o)
SupprimerWow! Je suis touchée! Et c'est la photo de MES casiers en plus! Mes élèves sont des artistes vedettes sans le savoir... Merci Daniel pour ce beau mot! Ça fait chaud au coeur, surtout en ce cher mois de février, période de l'année mouvementée et épuisante!
RépondreSupprimerTout le plaisir est pour moi! Je suis vraiment content de travailler avec vous, car vous êtes des modèles à suivre! À mes yeux, vous êtes en quelque sorte la base de ce que devrait être l'enseignement: s'adapter aux différentes réalités, avoir du plaisir et apprendre! Vous êtes inspirantes pour plusieurs!
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