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***
Ouf...
J'avais besoin de repartir. Un
mois encondoté, quoique bien entouré
et diverti, je m'encrassais... Je commence même à me demander comment je vais faire lorsque je serai de retour au
travail...
J'ai donc acheté les
billets il y a quelques semaines déjà. Départ
de Burlington, Vermont, parce que cette frontière
maudite double plus souvent qu'autrement les frais encourus. Même avec l'essence et les deux heures de route qu'il faut mettre, on
s'en tire pour bien moins! Et il y a
l'avantage d'éviter les douanes à
l'aéroport ce qui, de surcroît , raccourcit considérablement
le délai d’arrivée. Il n'y a pas que des
avantages, bien sûr. Pour un billet à prix équivalent, mieux vaut partir de Montréal. Mais avec Nexus. Toujours avec Nexus. Le meilleur 50$ qu'on peut investir pour
sauver du temps et, dans ce cas-ci, éviter un retard certain à
mon retour!
Church Street m'attendait religieusement. Vagabonder quelques heures avant son départ dans un quartier qui accueille de nombreux étudiants
à cette époque de l'année détend le voyageur. Ça permet de prendre un café
ou une collation.
Et en un clin d'œil, on se retrouve dans
la navette offerte par l’agence de location de
voitures où on se gare pour économiser puisqu’elle se situe à moins de cinq minutes
de bus. L'aérogare
se traverse quasiment entre deux respirations hâtives. Ici, être TSA pre-approved
n'accélère rien, car il n'y a rien à accélérer! Et hop! L'avion arrive de Détroit,
se stationne et nous fait monter. Recul
et envol vers la capitale américaine. Aussi rapide que ça.
Richard Massey m'attend à la
station Foggy Bottom. Il a accepté de m'héberger pendant deux soirées. Luxueux condo dans un
quartier huppé
de DC. J'y
rencontre également Gabriel, un brésilien qui s'installera pour un an en ville. Il a laissé son
copain français au Pays-Bas. Il a obtenu un
job à la commission interaméricaine des droits de l’Homme en lien avec les droits LGBT.
26 ans, mais un solide bagage. Une soirée remplie de conversations enrichissantes avec mes deux nouveaux
comparses. Qui l'eut cru? Je ne m'emmerde même
pas. Sérieusement.
Je me suis muni d'une carte SmartRide, l'équivalent de notre Opus montréalaise. Les tarifs varient en fonction de la distance
parcourue et du moment de la journée, les deux pointes étant de loin plus dispendieuses.
Mais le but n'est pas de voyager en transport en commun. La balade urbaine me manquait considérablement. Vivement les yeux rivés à
gauche, à
droite, en haut, en bas, à l'arrière, vers l'avant... En voyage,
les sensations sont décuplées. À l'heure
actuelle, je serais davantage en mesure de vous décrire
Washington que Montréal, là
où
je suis davantage un human being qu'un human doing. Les gens
klaxonnent, des piétons me pressent, d'autres gênent ma
progression. On. S'en. Fout.
Croire que visiter une nouvelle ville serait une source d'anxiété
est loin de la réalité. Le stress qu'on y vit est différent, centré
plus sur le "oussé-que-j'suis" que sur
l'urgence de vivre. Et on pardonne tout
plus facilement aussi. Les enfants qui
crient, les touristes qui nous retardent, les locaux qui s'empressent aussi.
Puis j'ai visité. Le Lincoln Memorial, la Reflection Pool, le Washington Monument, le Capitole, le Martin Luther King Jr. Memorial, le Jefferson Memorial, le Pentagone, les Smithsonian Botanical Gardens, Zoo et Holocaust Museum. Gratuitement. Parce qu'ici, on ne charge pas pour la culture. On investit. Ils valent tous la peine et je n'ai vu qu'une infime partie de ce qui m'était possible. Je pourrais ici vous en décrire les vertus et caractéristiques mais ce n'est pas nécessaire. Les photos parlent par elles-mêmes. De toute façon, vous m'écrirez pour avoir plus d'information ou vous laisserez simplement vos yeux se divertir. C'est ça un voyage. On peut l'écrire et le décrire en long et en large, mais reste qu'il s'agit d'une expérience personnelle. Qu'il s'agisse d'Histoire ou d'observer la faune locale, on suit notre cœur qui s'enrichira de l'expérience. Et on ne se juge pas de ne pas tout faire ou de le faire comme les autres l'ont fait.
Armé
de mon sourire et d'une patience redécouverte,
j'ai participé
à un Progressive Happy Hour - où le prix des drinks augmente en fonction de l'heure de la soirée. J'ai ensuite joint un Bear Happy Hour où
j'ai fait la connaissance de différents
gars tous aussi intéressants les uns que les autres.
Un retraité
démocrate immigrant canadien promulguant les activités
sociales de la ville. Deux grands amis
en ville question de passer une soirée arrosée aussi. Deux autres amis à la chasse mais assez disponibles pour accepter une conversation sans
lendemain. Tous sont catégoriques: le gay DCien est bête et superficiel. Alors, compagnons, expliquez-moi pourquoi je
n'ai jamais eu ce ressenti au cours de mon périple? Au contraire, on me
retourne toujours ce sourire et on discute avec moi comme si je suis un ami de
longue date? Ça
renforce ma théorie qui stipule que quand on vient "de la place", on ne
prend pas le temps...
Avant de partir, j'ai brunché avec
Gabriel. Chez Annie. Avec Ken.
Annie, c'est le resto. Ken, c'est
le colocataire temporaire de Gabriel.
Moi, c'est Daniel, le gars qui n'en revient pas à quel
point c'est facile de profiter de la vie parfois.
***
Je suis de retour chez moi. Je m'ennuie trop de Ricardo quand je pars
longtemps. On fête déjà notre 1er anniversaire ensemble aujourd’hui même. Je sens qu’on formerait une équipe du tonnerre si on voyageait plus ensemble.
Chez moi, Potiron m'a manqué lui
aussi. Oh my God! L'affection que requiert ce félin va au-delà
des bornes!
C'est ça, partir! On se donne.
À
soi.
Et alors, on ressent le besoin de repartir...

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